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Médecine de la Reproduction

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Les endométriomes ovariens : quand recourir à la chirurgie ? Volume 18, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2016

Tableaux

Auteurs
Service de gynécologie obstétrique et reproduction humaine,
CHU de Clermont-Ferrand,
CHU Estaing, gynécologie A,
1, place Lucie-Aubrac,
63100 Clermont-Ferrand,
France
Centre international de chirurgie endoscopique (CICE),
faculté de médecine,
bâtiment 3C, 28, place Henri-Dunant,
63000 Clermont-Ferrand,
France
* Tirés à part

La prise en charge chirurgicale des endométriomes est une situation fréquente. En cas de symptomatologie clinique significative (douleurs notamment), la prise en charge chirurgicale est justifiée, en particulier en cas de résistance au traitement médical (associant traitement antalgique et aménorrhée induite par contraception œstroprogestative ou progestative en continu, voire traitement par agonistes de la gonadolibérine [GnRH]). Dans le cadre de l’infertilité, lorsque l’endométriome apparaît comme facteur isolé d’infertilité, la prise en charge chirurgicale de l’endométriome (kystectomie) paraît licite car elle améliore la fertilité spontanée. Si une prise en charge en fécondation in vitro (FIV) est décidée, l’endométriome de moins de 4 cm ne semble pas avoir d’impact sur les résultats ; il ne semble donc pas nécessaire de réaliser systématiquement une prise en charge chirurgicale. Les endométriomes plus volumineux doivent le plus souvent être opérés, en vue de faciliter les gestes de ponction. La technique chirurgicale de référence est la kystectomie cœlioscopique. La technique est différente de la kystectomie pour kyste bénin ; la dissection est plus difficile du fait de la fibrose induite par la maladie. Il faut utiliser une dissection microchirurgicale ; une technique de destruction de la paroi de l’endométriome par laser CO2 ou Plasmajet doivent être utilisées quand la dissection est trop difficile. Cela peut nécessiter un deuxième temps opératoire ou le recours à un centre dans lequel ces alternatives technologiques sont disponibles. Le traitement des autres lésions doit être systématiquement associé. Chez les patientes qui ne souhaitent pas une grossesse immédiate, le traitement chirurgical doit être suivi par la prescription d’un traitement par pilule œstroprogestative induisant une aménorrhée, pour réduire au minimum le risque de récidive.