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Médecine de la Reproduction

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L’anonymat des dons de gamète et l’accès aux origines Un regard sociologique1 Volume 24, numéro 3, Juillet-août-septembre 2022

Auteur
Sociologue au CNRS
* Tirés à part : D. Mehl

la nouvelle loi de bioéthique adoptée en 2021 réforme le don de gamètes. Celui-ci demeure scellé par l’anonymat entre les partenaires, mais le droit aux origines est légalisé. Les enfants du don pourront, à leur majorité, connaître l’identité de leur donneur. Ce changement résulte de la mobilisation des enfants de l’insémination avec donneur (IAD), dont les témoignages publics interpellent la société. Il est également favorisé par l’expansion des tests ADN, qui rend obsolètes les interdictions en cours. Aujourd’hui, demain, des jeunes adultes nés d’un don retrouveront leur donneur ainsi que des demi-frères et sœurs. Des relations se nouent entre eux. Cette loi conçue pour permettre seulement l’interconnaissance entre donneur et enfant du don suscite la création de liens qui vont au-delà et interrogent à nouveau l’approche sociologique des familles contemporaines.