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Médecine thérapeutique / Endocrinologie

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Surveillance endocrinologique après irradiation du crâne dans l'enfance Volume 3, numéro 3, Mai - Juin 2001

Auteurs
Service d'Endocrinologie et Croissance, Hôpital Necker-Enfants Malades, 149 rue de Sèvres, 75015 Paris, France.

L'irradiation du crâne peut altérer la fonction hypothalamo-hypophysaire (HH). L'effet de l'irradiation sur la fonction HH est évalué par l'étude de patients qui ont reçu une irradiation du crâne pour une pathologie distante de cette région. La pathologie initiale conditionne le siège et la dose d'irradiation délivrée à la région HH et donc le retentissement de cette irradiation sur la fonction HH. Le déficit en hormone de croissance (GH) en est la conséquence endocrinienne la plus fréquente [1]. Une meilleure connaissance de la fréquence des conséquences endocriniennes de l'irradiation du crâne a permis l'établissement de protocoles de suivi et de traitement des patients (tableau 4). En effet, l'utilisation de doses plus élevées de GH (0,7 U/kg/semaine), fractionnées en injections sous-cutanées quotidiennes faites par les parents a augmenté la taille adulte. L'association de GH à un analogue de la GnRH chez les patients qui ont une puberté précoce ou d'évolution rapide permet de préserver le potentiel de croissance. Ceci souligne la nécessité de suivre la croissance et le développement pubertaire des patients qui ont eu une irradiation du crâne. Leur sécrétion de GH est évaluée en cas de ralentissement de leur vitesse de croissance avant la puberté, ou systématiquement au début de leur puberté. Les indications du traitement par GH sont plus larges chez ceux qui ont une petite taille constitutionnelle. Une puberté précoce ou d'évolution rapide est une indication pour un traitement par un analogue de la GnRH. Chez ceux qui ont eu une dose d'irradiation du crâne supérieure à 40 Gy, les taux plasmatiques de cortisol à 8 heures et de thyroxine sont évalués régulièrement à la recherche d'un déficit.