John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique / Endocrinologie

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Rôle athérogène des lipoprotéines riches en triglycérides Volume 4, numéro 4-5, Numéro double, Juillet - Octobre 2002

Auteur
Hôpital Henri-Mondor, 51, avenue du Maréchal-de-Lattre- de-Tassigny, 94010 Créteil cedex.

La place des triglycérides (TG) parmi les facteurs de risque cardiovasculaire a été très longtemps discutée. Pourtant, presque toutes les études épidémiologiques faites ces dernières années ont prouvé l'existence d'une corrélation entre le taux de TG et la survenue d'une complication coronaire ultérieure [1]. En outre, une élévation des TG est retrouvée chez 30 % des patients ayant une atteinte artérielle quel que soit le siège, spécialement chez les sujets jeunes [2]. Cette augmentation du risque est cependant en partie la conséquence de modifications de la distribution des lipoprotéines et d'anomalies associées de l'hémostase. En outre, l'hypertriglycéridémie est souvent associée à d'autres facteurs de risque cardiovasculaire, souvent dans le cadre d'un syndrome d'insulino-résistance. Toutefois, une méta-analyse des études épidémiologiques prospectives est en faveur d'un rôle indépendant des TG, spécialement chez la femme. Mais toutes les hypertriglycéridémies représentent-elles un réel facteur de risque cardiovasculaire et faut-il tenir compte des TG lors de la prise en charge thérapeutique ? On ne peut répondre actuellement avec certitude à cette question. Néanmoins, l'étude de prévention primaire d'Helsinki [3] a montré que le traitement par un fibrate permettait de diminuer de 34 % la survenue d'événements coronaires (p < 0,02) et de 37 % I'IDM non fatal. Ce bénéfice semble être la conséquence d'une action conjuguée sur les 3 principaux paramètres lipidiques (LDL cholestérol, HDL cholestérol et TG). En prévention secondaire, deux études importantes ont permis d'évaluer l'impact d'une augmentation du HDL cholestérol et d'une diminution des TG sur la survenue de nouveaux événements cardiovasculaires. Si dans l'étude BIP [4], la réduction des événements coronaires majeurs (9,4 %) n'est pas significative, dans l'essai VA-HIT [5] une réduction significative de 22 % est enregistrée.