John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique / Endocrinologie

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Analogues de l'insuline Volume 2, numéro 6, Novembre - Décembre 2000

Auteur
Service des Maladies Endocriniennes et Métaboliques, Hôpital Cochin, 27 rue du Faubourg Saint Jacques, 75014 Paris, France.

L'insulinothérapie est le traitement substitutif du déficit en insuline. La grande difficulté de ce traitement est de mimer le profil physiologique de l'insulinosécrétion endogène. Malgré de grandes avancées dans la purification de l'insuline et dans l'utilisation d'agents prolongeant son action, l'insulinothérapie garde des limitations importantes. Pourtant, de nombreux schémas d'insulinothérapie ont été proposés avec des préparations pour répondre aux besoins de base (insuline à action intermédiaire type NPH, ou à action lente), et d'autres pour couvrir les besoins aigus en insuline lors de l'absorption d'un repas (insuline rapide). La molécule d'insuline, qu'elle soit en solution ou cristallisée, a tendance à se dimériser, et en présence de zinc, à former des hexamères (figure 1). Pour être absorbés dans la circulation, les hexamères d'insuline doivent se dissocier [1]. Le temps nécessaire à cette dissociation participe pour beaucoup dans le délai d'action de l'insuline après injection sous-cutanée. Ainsi, le pic de concentration d'insuline rapide par exemple est retardé (45 à 120 minutes après injection), et ne correspond plus au pic de sécrétion physiologique après repas du sujet non diabétique. Il est donc recommandé de faire l'injection d'insuline au moins 30 minutes avant le repas. La durée d'action des insulines rapides est de 4 à 6 heures, et elles sont responsables d'un hyperinsulinisme persistant longtemps après l'injection, pouvant conduire à des hypoglycémies 4 à 5 heures après les repas. Les préparations d'insuline à action prolongée sont des suspensions neutres obtenues par cristallisation avec de la protamine (insuline de type NPH) ou du zinc (insuline lente). Ces préparations doivent être remises en suspension avant injection ; dans le cas contraire leur cinétique est modifiée. Il existe, de plus, une grande variabilité inter- et intra-sujet de l'absorption de ces préparations, qui s'explique par les variations des conditions physiologiques, principalement du débit sanguin [3]. Pour pallier ces inconvénients et grâce à la bonne connaissance de la structure de l'insuline et de son interaction avec son récepteur des avancées de technologies d'ingénierie moléculaire, il a été possible de créer de nouveaux peptides mimant l'action de l'insuline. Ce sont les analogues de l'insuline (tableau 1).