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Médecine thérapeutique Cardiologie

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Vers une compréhension de l’effet des œstrogènes sur le processus athéromateux et le risque vasculaireŒstrogènes et risque vasculaire Volume 2, numéro 5, septembre-décembre 2004

Auteurs
Inserm U589 et Physiologie médicale, CHU Rangueil, TSA 50032, 31059 Toulouse Cedex

Les deux études américaines visant à évaluer les bénéfices apportés par un traitement hormonal substitutif chez les femmes ménopausées avec ou sans antécédent cardiovasculaire ont révélé l’absence de protection cardiovasculaire par rapport à un placebo. Ce résultat contraste avec le fait que l'œstradiol prévient la constitution de la strie lipidique, c'est‐à‐dire des premiers stades de l'athérosclérose, dans tous les modèles animaux d’athérome. L’effet bénéfique sur le profil lipidique, observé en clinique, est absent chez la souris et ne peut donc expliquer l’effet protecteur observé dans cette espèce. Les œstrogènes exercent incontestablement un effet bénéfique sur l’endothélium, comme l’augmentation de la production de monoxyde d’azote, l’accélération de la réendothélialisation ou encore la prévention de l’apoptose. Les effets de l’œstradiol sur le système immuno‐inflammatoire sont plus ambigus. D’un côté, le système immunitaire est nécessaire à la manifestation de l’effet athéroprotecteur de l'œstradiol puisque, alors que l’E2 protège des souris immunocompétentes du dépôt lipidique, il ne prévient plus le développement des lésions chez des souris immunodéficientes. D’un autre côté, l’E2 augmente la production d’interféron γ et cet effet pourrait contribuer à favoriser la rupture de plaques. Ainsi, en fonction de la prédominance de l’effet endothélial ou pro‐inflammatoire et du stade du processus athéromateux, l’œstradiol exerce des effets bénéfiques dans les premiers stades (constitution de la strie lipidique) rendant compte de son efficacité dans les modèles expérimentaux et chez la femme jeune, mais des effets néfastes sur la stabilité de la plaque qui pourraient rendre compte de l’absence de bénéfice (et même d’un effet délétère à l’instauration du traitement) sur les lésions d’athérosclérose des femmes post‐ménopausées.