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Médecine thérapeutique

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Physiopathologie de la décompensation de l’insuffisance respiratoire chronique obstructive Volume 6, numéro 2, Février 2000

Auteurs
Service de pneumologie, Hôpital de Hautepierre, avenue Molière, 67098 Strasbourg cedex.

La « décompensation » de l’insuffisance respiratoire chronique obstructive est caractérisée par une détérioration significative des gaz du sang artériel par rapport à leur niveau de base chez le malade à l’état stable, allant de pair avec une aggravation clinique portant surtout sur la dyspnée. Le terme présentement à la mode est celui d’exacerbation des bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO), mais l’exacerbation n’est pas clairement définie à l’heure actuelle [1] et dans ces conditions nous resterons fidèles dans ce texte à l’appellation classique d’insuffisance respiratoire aiguë (IRA) sur fond d’insuffisance respiratoire chronique obstructive. L’IRA des BPCO est donc définie sur des critères cliniques : accentuation plus ou moins brutale de la dyspnée, et gazométriques : aggravation franche de l’hypoxémie et de l’hypercapnie de base avec, le plus souvent, PaO2 < 50 mmHg, PaCO2 > 50 mmHg et pH < 7,35. Dans les cas sévères l’hypoxémie, l’hypercapnie et l’acidose sont bien plus prononcées avec PaO2 < 40 mmHg, PaCO2 > 70 mmHg et pH < 7,30. En fait, l’IRA est sans doute mieux définie par l’aggravation des gaz du sang artériel que par les valeurs absolues de ces derniers [2], et il est clair que des niveaux d’hypoxémie et d’hypercapnie plus sévères sont attendus chez les malades de type blue bloater ou B dont les anomalies gazométriques en période stable sont plus prononcées que chez les malades de type pink puffer ou A.