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Médecine thérapeutique

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Particularités épidémiologique et clinique de la leptospirose au Maroc : à propos d’une série de 100 patients Volume 25, numéro 3, Mai-Juin 2019

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Servicede gastroentérologie, CHU Hassan II, Fès, Faculté de médecine et de pharmacie de Fès, université Sidi Mohammed Ben Abdallah, Maroc
2 Hôpital Hassan II, Agadir, Maroc
* Tirés à part
  • Mots-clés : leptospirose, ictère, insuffisance rénale, traitement
  • DOI : 10.1684/met.2019.0779
  • Page(s) : 206-12
  • Année de parution : 2019

La leptospirose ictérohémorragique se caractérise par un fort polymorphisme clinique, avec un tropisme hépatique, rénal et méningé. Il existe très peu d’études concernant la situation de la maladie au Maroc. Patients et méthode : il s’agit d’une étude rétrospective descriptive des cas de leptospirose hospitalisés dans le service d’hépatogastroentérologie du CHU Hassan II, de Fès, entre janvier 2004 et mars 2015. Résultats : cent patients ont été colligés, d’âge moyen 38 ans, avec un sex-ratio H/F de 5,25. L’affection sévissait surtout en été et en automne ; 27 % des cas étaient liés à une exposition professionnelle, dont 42 % avaient été en contact avec un milieu hydrique suspect. Un syndrome pseudo-grippal était présent dans 66 % des cas. Le motif fréquent de consultation était l’ictère fébrile (62 %). Une atteinte rénale avec oligoanurie était notée dans 32 % des cas. Les manifestations hémorragiques étaient fréquentes, notamment l’épistaxis (45 %), les gingivorragies (31 %) ou les hémorragies digestives (18 %), jusqu’au syndrome hémorragique pulmonaire sévère (3 %). Le test sérologique de Martin et Pettit, réalisé chez quarante-cinq patients, était positif chez trente-trois. Une antibiothérapie à base de pénicilline G avec relais oral par les cyclines a été prescrite à 92 % des malades. L’évolution était favorable dans 85 % des cas, avec cinq décès. Conclusion : la leptospirose présente un large spectre de manifestations cliniques, du simple syndrome pseudo-grippal (le plus fréquent) à l’atteinte pluriviscérale dont la forme clinique typique est le syndrome de Weil. La biologie demeure fondamentale pour la confirmation du diagnostic de leptospirose ; le traitement de première intention de la leptospirose fait appel à la pénicilline G par voie intraveineuse.