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Médecine thérapeutique

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Magnésium : entre physiologie, désordres et thérapeutique Volume 26, numéro 5, Septembre-Octobre 2020

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteurs
1 Laboratoire des sciences du médicament, recherche biomédical et biotechnologique, faculté de médecine et de pharmacie, université Hassan II, Casablanca, Maroc
2 Hôpital d’enfants, CHU Ibn Rochd Casablanca, Maroc
* Tirés à part

Le magnésium est un oligoélément ubiquitaire qui intervient dans le métabolisme de nombreux systèmes. Il participe à plusieurs réactions enzymatiques contribuant à la production d’énergie au niveau cellulaire et à la synthèse protéique. Le magnésium agit sur les mécanismes de régulation neuromusculaire, particulièrement au niveau de la membrane cellulaire, comme les échanges sodium-potassium et les entrées du calcium dans la cellule. Il joue également un rôle essentiel au niveau de la contraction musculaire, de la transmission nerveuse et de la régulation cardiaque. Le contenu extracellulaire en magnésium représente environ 1 % du contenu total de l’organisme en magnésium. L’hypomagnésémie est définie par une valeur < 0,65 mmol/L ; son mécanisme physiopathologique repose sur le dosage de la magnésurie ; lorsqu’elle est < 1 mmol/24 h, elle traduit une cause extrarénale (carence sévère d’apport alimentaire, malabsorption intestinale ou détournement osseux du magnésium). Une magnésurie > 2 mmol/24 h démontre une perte rénale de magnésium, dont les principales causes sont les tubulopathies, les néphropathies, les troubles ioniques, les troubles endocriniens et métaboliques et la prise de certains médicaments. L’hypermagnésémie reste un désordre plus rare, elle est asymptomatique au-dessous de 2 mmol/L, elle altère progressivement la transmission neuromusculaire, le système sympathique et la conduction cardiaque, et pourrait mettre en jeu le pronostic vital lorsqu’elle atteint des valeurs > 7 mmol/L. L’hypermagnésémie résulte soit d’une diminution de la capacité rénale d’excrétion du magnésium, soit d’une augmentation massive d’apports en magnésium au volume extracellulaire, dépassant la capacité physiologique d’excrétion de ce cation.