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Médecine thérapeutique

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Conséquences thyroïdiennes des thérapies ciblées Volume 25, numéro 5, Septembre-Octobre 2019

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3

Tableaux

Auteurs
1 CHU Hassan II, service d’endocrinologie, diabétologie et nutrition, FèsMaroc
2 CHU Hassan II, service d’oncologie médicale, FèsMaroc
3 Faculté de médecine et de pharmacie, FèsMaroc
* Tirés à part

L’avènement des thérapies ciblées dans l’arsenal thérapeutique en cancérologie représente un tournant dans la prise en charge de certaines tumeurs malignes. Ces traitements présentent cependant des toxicités spécifiques nouvelles, notamment endocriniennes. Notre travail décrit les dysthyroïdies induites par différentes molécules : inhibiteurs de la tyrosine kinase (ITK) (sunitinib, sorafénib, pazopanib, imatinib, lapatinib) et inhibiteurs de la voie mTOR (pour mechanistic target of rapamycin) : l’évérolimus. Il s’agit d’une étude prospective descriptive portant sur 70 patients ayant bénéficié d’un suivi de la fonction thyroïdienne, sur une période de trois ans, de janvier 2016 à décembre 2018. Trente et un pour cent (31 %) d’entre eux ont développé une dysthyroïdie au 12e mois en moyenne : 21 % une hypothyroïdie (dont 93 % étaient traités par ITK) et 10 % une thyréotoxicose (dont 57 % étaient sous sunitinib, 29 % sous imatinib et 14 % sous évérolimus). L’hypothyroïdie, dans 20 % des cas, consistait en une thyroïdite avec positivité des anticorps antithyroperoxydase (TPO) et aspect de thyroïdite à l’échographie. Un goitre nodulaire était noté dans 7 % des cas d’hypothyroïdie et 14 % des cas d’hyperthyroïdie. En conclusion, l’élargissement de l’indication des thérapies ciblées implique une augmentation de l’incidence des perturbations de la fonction thyroïdienne. L’évaluation préthérapeutique est donc indispensable et doit être poursuivie régulièrement pendant le traitement.