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Sciatique et hernie discale : quel pronostic ? Volume 8, numéro 10, Décembre 2012

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L’étude multicentrique norvégienne montre que le pronostic, surtout lorsqu’il n’y a pas d’intervention chirurgicale, dépend de multiples facteurs autres qu’anatomiques.

L’étude multicentrique observationnelle prospective a inclus 466 patients hospitalisés pour sciatique et hernie discale lombaire traités dans 4 hôpitaux publics de Norvège, à qui était proposé un suivi clinique à 3, 6, 12 et 24 mois. Les données recueillies étaient les caractéristiques sociodémographiques, l’historique de la lombalgie, les éventuelles comorbidités (29 plaintes courantes somatiques ou psychologiques), l’intensité de lar douleur, la kinésiophobie, la détresse émotionnelle. Le critère principal de l’étude était le score obtenu au Maine Seattle Back Questionnaire (score sur 12 items, l’échec étant défini par un score ≥ 5) et le critère secondaire le score au Sciatica Bothersomeness Index (score composite sur 4 symptômes de sciatique cotés de 0 à 6 ; échec si ≥ 7). Environ 1/3 des patients ont été traités chirurgicalement. Il y avait échec à 1 et 2 ans pour, selon le critère principal, 44% et 39 % des patients (35 et 39 % dans le groupe « chirurgical ») et, selon le critère secondaire, 47% et 42 % (30 et 33 % dans le groupe « chirurgical »). Pour le critère principal, l’échec à 1 an était significativement associé au fait d’être homme, fumeur, avec des douleurs intenses, à 2 ans à la durée de l’épisode de sciatique et à l’intensité de la kinésiophobie. L’échec à 2 ans n’était associé à aucun élément clinique spécifique de la sciatique. Pour le critère secondaire, l’échec à 1 et 2 ans était associé à la faiblesse musculaire, la diminution des réflexes tendineux et l’abstention chirurgicale. Mais en analyse multivariée, seul un haut score de comorbidités était associé à un pronostic d’échec, que ce soit à 1 ou 2 ans. Ces données confirment que le pronostic à terme d’une sciatique hospitalisée est plutôt mauvais, à peine amélioré par la chirurgie. Le rôle essentiel des comorbidités nécessite une évaluation qui va largement audelà de la traditionnelle évaluation clinique.

1. Haugen AJ, Brox JI, Grovle L, Keller A, Natvig B, Soldal DM et al. Prognostic factors for nonsuccess in patients with sciatica and disc herniation BMC Musculoskeletal Disorders. 2012;13:183.

Que retenir pour notre pratique ?
• Cette étude, sur fonds publics, est de qualité : critères d’inclusion stricts (clinique et imagerie), large échantillon, haut taux de réponses, suivi évalué sur des résultats beaucoup plus larges que ceux de la sciatique elle-même…
• et le pessimisme de rigueur : presque un échec sur 2, à peine amélioré par l’intervention chirurgicale, ce qui implique « aussi » une grande prudence dans l’indication chirurgicale.

Mots clés : Déplacement de disque intervertébral ; Sciatique [Sciatica; Intervertebral Disc Displacement]