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PSA : dépistage à forte nuisance… Volume 8, numéro 2, Février 2012

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L’USPSTF recommande(rait), avec un niveau de preuve fort, de ne pas dépister le cancer de la prostate par dosage du PSA [1].

Ce projet de l’Agence américaine s’appuie sur la méta-analyse de Chou et al. [2] qui intègre les dernières publications de 2011 : « le dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA ne réduit pas ou peu la mortalité spécifique liée à ce cancer et est associé à des effets adverses liés aux investigations complémentaires et aux traitements, dont certains peuvent être inutiles ». Le groupe de travail de l’USPSTF annonçait donc son intention de passer du grade I de la recommandation 2008 (preuves insuffisantes pour évaluer la balance avantages/inconvénients) au grade D (recommandation forte de ne pas proposer de dépistage du cancer de la prostate par PSA). Il semble que le tollé soulevé aux USA ait fait retirer ce draft (littéralement : projet) du site de l’USPSTF (l’adresse donnée en référence 1 n’est plus valide et il n’y a plus de traces du draft sur le site). En l’attente du texte définitif, Chou lui-même prend ses distances dans le JAMA [3] : il serait actuellement difficile aux médecins de refuser ce dépistage et leur seule option est de redoubler d'efforts pour permettre à des hommes en bonne santé de choisir : vivre, en ne voulant pas savoir, avec le risque potentiel d’un cancer de la prostate ; ou chercher à savoir, en acceptant les inconvénients indéniables du dépistage...

1. USPSTF. Screening for Prostate Cancer: US Preventive Services Task Force recommendation statement: draft: summary of recommendation and evidence. http://www.uspreventiveservicestaskforce.org/draftrec3 .htm. October 7, 2011.
2. Chou R, Croswell J, Dana T, Bougatsos C, Blazina I, Fu R et al. Screening for Prostate Cancer: A Review of the Evidence for the US Preventive Services Task Force. Ann Intern Med. 2011;155:762-71.
3. Chou R, LeFevre ML. Prostate Cancer Screening. The Evidence, the Recommendations, and the Clinical Implications. JAMA. 2011;306:2721-2.

Que retenir pour notre pratique ?

• La controverse n’est pas près de s’éteindre. Chou et LeFevre soulignent d’ailleurs que c’est impossible puisque certains préfèreront toujours le risque de handicap(s) à celui de cancer.
• Le raisonnement n’est valable que jusqu’à son terme : pas de dépistage sans consentement (éclairé) explicite, ce qui ne simplifie en rien la position du médecin !

Mots clés : Antigène spécifique de la prostate ; Détection précoce de cancer ; Tumeurs de la prostate [Prostate- Specific Antigen; Early Detection of Cancer; Prostatic Neoplasms]