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Les troubles musculo-squelettiques, premier problème de santé au travail en France Volume 2, numéro 2, Février 2006

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  • Page(s) : 54
  • Année de parution : 2006

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) constituent aujourd'hui l'une des questions les plus préoccupantes en santé au travail du fait de leur constante augmentation, de leurs conséquences individuelles (douleurs, réduction de l'aptitude au travail, risque de rupture de carrière professionnelle), de leurs conséquences sur le fonctionnement des entreprises et de leur coût.

Actuellement, les TMS du membre supérieur représentent les deux tiers du total des maladies professionnelles indemnisées. Près de 24 000 cas de TMS ont été indemnisés en 2003 contre 2 602 en 1992.

En fait, le terme de TMS recouvre un large ensemble de diagnostics et de symptômes. Le tableau 57 des maladies professionnelles du régime général comporte des affections de l'épaule, du coude, du poignet, de la main et des doigts, mais aussi du genou, de la cheville et du pied. Les lombalgies sont prises en compte dans les tableaux 97 et 98. Le terme TMS a l'avantage de ne pas présupposer une origine professionnelle ; il a l'inconvénient de suggérer que seuls les troubles affectant les muscles et le squelette seraient pris en compte, laissant de côté ceux liés à des atteintes nerveuses. L'augmentation des TMS du membre supérieur est attribuée principalement au fait que le travail segmenté, avec des tâches répétitives, a pris de l'ampleur.

Le syndrome du canal carpien a été retenu comme traceur des TMS du membre supérieur car, dans les statistiques de maladies professionnelles indemnisables, il s'agit du TMS le plus fréquent dans la plupart des pays (37 % en France en 2002), devant les pathologies de l'épaule et du coude. Le syndrome du canal carpien traduit la compression du nerf médian lors de son passage sous le ligament annulaire antérieur du carpe, à la base de la paume de la main. Il se présente typiquement sous la forme d'un syndrome acroparesthésique diurne et nocturne, atteignant le territoire du médian (face palmaire des trois premiers doigts et de la moitié interne du 4e doigt, face dorsale des mêmes doigts au delà de l'articulation interphalangienne proximale). Les facteurs de risque professionnels à son origine sont bien établis: mouvements répétitifs du membre supérieur, mouvement de torsion du poignet, utilisation de la pince pouce-index, d'un outil vibrant, d'un clavier informatique. Il existe aussi des facteurs de risque non professionnels : obésité, diabète, hypothyroïdie.

La surveillance épidémiologique de ces TMS est un point important car elle devrait orienter les priorités de prévention. Cependant, la réduction des TMS ne peut s'obtenir que dans le cadre d'actions participatives (employeurs, salariés, professionnels de santé au travail) et multidisciplinaires.


Numéro thématique. La surveillance épidémiologique des troubles musculo-squelettiques. BEH. 2005;44-45:217-28.