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Le tramadol est-il un problème en médecine générale ? Volume 12, numéro 9, Novembre 2016

Tableaux

Auteurs
1 Médecin généraliste – CMS Salvador Allende, 20 avenue du Général Leclerc, 93120 La Courneuve
2 Pharmacienne
3 Hôpitaux Universitaires Paris Seine-Saint-Denis, Hôpital René Muret, service d’addictologie, Avenue du Docteur Schaeffner, 93270 Sevran
* Tirés à part

Le tramadol, antalgique opioïde de palier 2 selon la classification de l’Organisation Mondiale de la Santé, est commercialisé en Allemagne depuis 1977 et en France depuis 1997. Il est présent dans de nombreuses spécialités pharmaceutiques, seul ou associé au paracétamol. Indiqué dans le traitement des douleurs modérées à sévères, il est inscrit sur la liste I des substances vénéneuses et donc disponible en France uniquement sur ordonnance. Avec la fièvre et la fatigue, la douleur est un des premiers motifs de consultation médicale, mais devant une douleur aiguë ou chronique peu d’options thérapeutiques s’offrent aux soignants. Depuis l’arrêt de commercialisation du dextropropoxyphene en 2011, le tramadol a pris une place accrue dans l’arsenal thérapeutique des médecins, et l’analyse des données de ventes en officine montre une augmentation constante depuis 2004. S’agissant d’un traitement opioïde faible, il est légitime de se poser la question des risques de cette diffusion large, que ce soit en termes d’effets indésirables mais aussi des risques d’addiction, même si le potentiel de dépendance au tramadol est classiquement décrit comme faible.