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L'importance des soins de confort dans le cadre des traitements palliatifs du cancer de l'oesophage Volume 1, numéro 2, Novembre 2005

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  • Page(s) : 57
  • Année de parution : 2005

Pour de nombreux patients ayant un cancer de l'œsophage, dès le diagnostic, il n'est pas possible de proposer un traitement potentiellement curateur du fait soit d'une extension métastatique ou ganglionnaire, soit d'une contre-indication aux traitements classiques.

Le traitement ne peut alors être que palliatif de nature endoscopique, permettant non seulement aux malades de garder un apport entéral et idéalement oral correct mais aussi de préserver la possibilité de déglutition (salive) et d'améliorer nettement le confort de vie. À côté de ce traitement endoscopique, les soins de confort vont permettre de déterminer des symptômes souvent majeurs et ils doivent être connus et privilégiés.

Les mesures concernent notamment la douleur, le hoquet, la lutte contre une hypersalivation et une mucite. Ainsi, le traitement de la douleur fera rapidement appel aux morphiniques, en raison de leur grande efficacité, de leur simplicité d'emploi, de leur bonne tolérance, éventuellement par voie transdermique si la voie orale pose problème, avec association à des laxatifs et à des antiémétiques. Le hoquet peut être amélioré par la nifédipine ou les anticonvulsivants si les traitements classiques (benzodiazépines, neuroleptiques) ne marchent pas. L'hypersalivation (réflexe et majorée par la dysphagie) est souvent très mal tolérée ; elle peut être améliorée par de la scopolamine sous forme de timbres transdermiques ou en intraveineux en limitant alors les apports liquidiens. Les soins de bouche comportent le maintien d'un bon état dentaire, la lutte contre la sécheresse buccale, le nettoyage soigneux des dépôts linguaux, des dents et des appareils dentaires afin de tenter de prévenir la survenue d'une mucite dont le traitement est à base de bains de bouche au bicarbonate, de sucralfate, d'antimycotiques locaux et d'antalgiques. Il reste des mesures concernant la nutrition (idéalement par voie orale ou entérale), le traitement antibiotique souvent très difficile d'une complication infectieuse, les tentatives d'amélioration transitoire des signes locaux et généraux par corticoïdes.

J.-L. Raoul et al. Gastroenterol Clin Biol. 2005;29:557-60.