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Fellation non protégée : quels sont les risques ? Volume 10, numéro 2, Février 2014

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La revue (non exhaustive) suisse fait le point sur la transmission possible de maladies infectieuses

Le sida a fait de la fellation non protégée un sujet d’inquiétude, mais la plupart des infections sexuellement transmissibles (IST) sont concernées. Les lésions labiales ou buccales (brossage « énergique » des dents, soins dentaires) pourraient augmenter le risque de transmission d’une IST. La transmission du VIH par la fellation semble très rare, voire inexistante en l’absence d’autre IST ou de lésions orales préexistantes : risque évalué à 0,01 % en cas de rapport oral actif (fellateur) et 0,005 % en cas de rapport oral passif. Le potentiel tumoral du HPV est peut-être en progression selon quelques études épidémiologiques, mais de manière complexe : il faut des contacts répétés pour assurer une infection chronique, un certain degré d’immuno- suppression ou une consommation à risque d’alcool et/ou de tabac, augmentant le risque de carcinome ORL. Dans une étude récente, les infections causées par HSV1, dans une cohorte de jeunes patientes, étaient 3 fois plus fréquentes au niveau génital qu’oral et 84 % des infections primaires étaient génitales, rapport qui tend à s’inverser avec l’âge des patientes (dans cette étude, aucune patiente n’a développé d’infection à HSV2 au niveau pharyngé : transmission plus difficile ?). Le valaciclovir ne protège pas les patients séronégatifs contre une potentielle transmission et le vaccin semble plutôt décevant. Le VHC ne semble pas dangereux, contrairement au VHB, très contagieux et transmissible par voie muqueuse. Les infections à trichomonas semblent exceptionnelles, celles dues au gonocoque ou au chlamydiæ plus fréquentes (1 à 3 % des cas), même si elles restent souvent asymptomatiques. Enfin, le chancre syphilitique peut se retrouver partout dans la sphère buccale.

Genné D. Fellation non protégée : quels risques ? Rev Med Suisse. 2013;9:1828-31.

Que retenir pour notre pratique ?
• La fellation non protégée est beaucoup moins risquée que les relations génitogénitales pour la transmission d’IST. Sont surtout concernés les HPV, la syphilis et l’herpès.
• Pour le VIH, l’ensemble des données est plutôt rassurant. Il est toujours possible, si nécessaire, de prescrire un traitement post-exposition, au plus tard dans les 72 heures.
• Le message de « Safer Sex » doit rester la règle, même si le préservatif semble peu utilisé dans ce cas.

Mots clés : Fellation ; Infections sexuellement transmissibles [Fellatio; sexually transmitted diseases]