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Facteurs de risque d’épaule douloureuse post-accident vasculaire cérébral. Étude du service de neurologie du CHU d’Antanarivo (Madagascar) Volume 17, numéro 8, Octobre 2021

Auteurs
1 Université d’Antananarivo, faculté de médecine d’Antananarivo, centre hospitalier universitaire Joseph Raseta Befelatanana, service de médecine interne, Antananarivo 101, Madagascar
2 Université d’Antananarivo, faculté de médecine d’Antananarivo, centre hospitalier universitaire Joseph Raseta Befelatanana, service de neurologie, Antananarivo 101, Madagascar

Contexte : Les complications douloureuses de l’épaule chez les patients hémiplégiques sont très fréquentes et retardent la récupération fonctionnelle du membre supérieur. Une fois la douleur installée, le traitement curatif est très difficile et aucune thérapeutique spécifique n’a démontré une efficacité. Cette étude consistait à évaluer les facteurs de risque d’épaule douloureuse en post-accident vasculaire cérébral (AVC) pour améliorer leur prise en charge.

Matériel et méthodes : Nous avons mené une étude observationnelle analytique, par remplissage d’une fiche préétablie, chez des patients victimes d’un premier accident vasculaire cérébral lors de la consultation de contrôle, dans le service de neurologie Befelatanana, Antananarivo, Madagascar, entre février et avril 2018.

Résultats : Parmi les 131 patients retenus, 21 (68 %) ont eu des douleurs de l’épaule en post-AVC, dont 32 % étaient apparues à la deuxième semaine. La tendinite (29 %), la subluxation scapulo-humérale (19 %) et la spasticité (13 %) représentaient les principales causes. Cinq facteurs de risque ont été trouvés : score du National Institute of Health Stroke Score (NIHSS) entre 10 et 15 (p = 0,002 ; OR = 2,34), score du Modified Rankin Scale (MRS) ≥ 3 (p = 0,001 ; OR = 5,76), score du Medical Research Council (MRC) du membre supérieur déficitaire ≤ 2 (p = 0,04 ; OR = 3,12), atteinte de l’hémisphère mineur (p = 0,023 ; OR = 5,33) et l’absence de kinésithérapie (p = 0,032 ; OR = 2,10).

Conclusion : La négligence de l’épaule hémiplégique et l’absence de prévention précoce contribuent largement à l’apparition de l’épaule douloureuse en post-AVC. Chez les patients à risque, la prévention précoce doit être systématique dès la première semaine de l’AVC.