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Endométriose : une maladie énigmatique, multifactorielle et multidimensionnelle Volume 10, numéro 5, Mai 2014

Auteurs
Société Française de Documentation et de Recherche en Médecine Générale

Trois siècles après sa première description « moderne » (Shroen 1690), un siècle après sa reconnaissance comme entité clinique (Sampson 1918-1920), l'endométriose reste une maladie énigmatique [1]. Elle est définie par la présence de tissu similaire à celui de l'endomètre utérin dans diverses localisations, y compris extra-abdominales, où il peut réagir aux stimuli hormonaux exogènes ou endogènes. Son histoire naturelle est très variable, avec tous les stades de sévérité et d'évolutivité possibles, de la régression spontanée à l'envahissement pelvien, dans un continuum de présentations individuelles totalement différentes. L'endométriose n'a pas de symptômes pathognomoniques, pas de traitement « universel » : les différents traitements envisagés ont pour objectifs la douleur et l'infertilité, pas la guérison de la maladie. Elle reste en 2014 un problème gynécologique majeur, impliquant un recours fréquent aux soins, y compris chirurgicaux, des coûts considérables, en dépenses de santé et coûts humains (perte de productivité et altération de la qualité de vie entre autres). Pour toutes ces raisons, un consensus international réuni sur ce thème à Montpellier en 2011 a considéré le diagnostic et la prise en charge de l'endométriose comme cible essentielle de bonnes pratiques en santé primaire [2].