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Médecine

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Demander l’avis du patient quant au diagnostic de son trouble peut-il aider le médecin ? Volume 18, numéro 9, Novembre 2022

Illustrations

  • Figure 1.
  • Figure 2.

Tableaux

Auteurs
1 Interne de médecine générale, Poitiers
2 Université de Poitiers, Faculté de Médecine et Pharmacie, 6 rue de la militerez, TSA 51115, 86073 Poitiers Cedex 9 ; Membre titulaire de la Société Française de Médecine Générale
Correspondance : J. Moreau

Introduction

L’incertitude diagnostique est une problématique fréquente en médecine générale. Elle est souvent perçue comme une difficulté. Par ailleurs, il existe peu de références sur l’intérêt ou non de prendre en compte l’avis du patient lors des situations d’incertitude diagnostique. Il semblait intéressant de mesurer dans quelle proportion les patients délivrent leur avis à leur médecin, et si cet avis est une aide pour ce dernier.

Méthode

L’étude s’est déroulée en deux temps. Une étude descriptive prospective, menée auprès de 18 médecins généralistes de la Vienne et de Charente. L’analyse a porté sur un échantillon de 457 consultations en situation d’incertitude diagnostique. Les variables sur le patient concernaient : le genre, l’âge, la catégorie socio-professionnelle et la spontanéité de son avis. Les médecins qualifiaient selon l’échelle de Likert en cinq niveaux, si l’avis du patient était une gêne ou une aide. Ils relevaient aussi les « diagnostics ». Dans un deuxième temps, les résultats ont été présentés aux investigateurs lors d’un focus group en visioconférence, afin d’alimenter la discussion des résultats.

Résultats

Plus de 8 patients sur 10 avaient un avis concernant leurs affections. Cet avis était donné spontanément dans 67 % des cas. Il était considéré par le praticien comme une aide dans 56 % des cas. À l’inverse, il était considéré comme une gêne une fois sur quatre. Cette gêne était importante dans 5 % des situations. Le clinicien porte moins de crédit à l’avis des patients de moins de 35 ans. En outre, il est plus gêné par l’avis des patients âgés de plus de 65 ans. L’avis du patient est perçu comme une aide marquante dans les pathologies infectieuses, les pathologies ORL, la cystite, la vulvite, les lombalgies, les sciatiques et dans les hernies. L’avis est considéré comme plus souvent gênant face aux problématiques psychologiques et dans les situations d’urgence.

Discussion

Cette étude atteste que les patients sont disposés à donner leur avis sur le trouble qu’il présente. De plus, les médecins considéraient que cet avis les aidait plus d’une fois sur deux. La simple prise en compte de l’avis du patient serait donc une aide peu coûteuse et parfois précieuse dans les situations d’incertitude diagnostique.