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Contraception et adolescence. Une enquête un jour donné auprès de 232 lycéens (Caen) Volume 2, numéro 2, Février 2006

Auteurs
Sage-femme, CHU, Caen

Contexte : l'information et la prescription de la contraception, la nouvelle règlementation sur l'IVG des mineures, sont maintenant acquises. Dans ce contexte, que savent les adolescents de la contraception et comment l'utilisent-ils ? Objectif : évaluer les connaissances et les pratiques contraceptives des adolescents en classe de seconde, un an après les "cours obligatoires" de biologie sur ce sujet. Méthode : questionnaire à questions fermées (et possibilité de réponses ouvertes) auprès de 232 lycéens de la région de Caen (Calvados), explorant les connaissances théoriquement acquises de ces lycéens (notamment à partir de leur programme de biologie de l'année précédente) et leurs pratiques réelles. Résultats : tous les lycéens invités ont répondu au questionnaire sans réticence. Leurs connaissances sur la physiologie de la reproduction et sur la contraception étaient très incertaines. 30 % se disaient "sexuellement actifs" au moment de l'enquête (âge du premier rapport, qui concernait 40 % de l'échantillon : 16 ans et 6 mois). 90 % utilisaient un moyen contraceptif, le préservatif pour 66 % d'entre eux (garçons et filles), une fille sur 3 prenant la "pilule" (dans 1 cas sur 3 pour motif contraceptif). Les 3 grossesses déclarées (avec IVG) étaient attribuées à une rupture de préservatif ou une erreur de prise de pilule. Discussion : les données de cette enquête locale sont assez conformes à celles d'autres enquêtes du même type. Il apparaît que les progrès indéniables de l'information n'ont pas été suivis de l'effet attendu. La crainte du sida toujours sous-jacente ne suffit pas (plus ?) à l'utilisation systématique du préservatif, bien que le préservatif soit largement plébiscité par les adolescents, d'autant plus qu'il est simple d'accès. Pourtant, aucun de ceux (25 %) qui ont eu à subir une rupture de préservatif n'a envisagé le risque du sida. La prescription de contraception orale reste minoritaire, le corps médical étant d'ailleurs étonnamment absent du discours adolescent. Grossesses et IVG concernent les plus défavorisées de cette population. Conclusion : les adolescents connaissent encore mal la contraception, ne l'utilisent pas systématiquement, multiplient les "rattrapages" et subissent des échecs. Il reste globalement beaucoup de progrès à faire pour améliorer efficacement une situation qui reste plutôt précaire, surtout chez les moins favorisés.