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Maladie coronaire chez l’insuffisant rénal chronique Volume 2, numéro 1, Janvier-Février

Auteur
Département de cardiologie médicale, groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, 47-83 bd de l’Hôpital, 75013 Paris

La prévalence de la maladie coronaire est particulièrement élevée chez les patients avec insuffisance rénale chronique. Elle est responsable de la moitié des décès chez les patients en insuffisance rénale terminale. Cet athérome accéléré est lié au moins en partie à la présence de nombreux facteurs de risque classiques d’athérosclérose. Les tests non invasifs de dépistage d’ischémie myocardique silencieuse sont utilisés chez les patients à haut risque d’événements cardiaques, en particulier chez les diabétiques ou avant transplantation rénale ou chirurgie vasculaire. Les indications de coronarographie invasive doivent être limitées aux patients pouvant bénéficier d’une amélioration de leur pronostic par revascularisation, ce qui est montré en présence d’une ischémie myocardique sévère ou diffuse. La prévention de l’insuffisance rénale aiguë liée à l’iode repose essentiellement sur l’hydratation et un faible volume de produit de contraste. Le choix entre angioplastie avec stent et pontage coronaire est fonction du risque chirurgical, de la présence d’une valvulopathie associée, et de l’anatomie coronaire. Le taux d’événement cardiaque après revascularisation reste beaucoup plus élevé que chez les patients sans insuffisance rénale. L’amélioration du pronostic des coronariens et insuffisants rénaux nécessite une approche multifactorielle prenant également en charge l’hypertrophie ventriculaire gauche, l’insuffisance cardiaque, les arythmies, et le traitement intensif des facteurs de risque comme le diabète, l’hypertension artérielle, l’anémie, l’hyperparathyroïdie.