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Journal de Pharmacie Clinique

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Intérêt du bilan allergologique dans la levée de l’étiquette « d’allergie aux bêtalactamines » Volume 42, numéro 4, Décembre 2023

Illustrations


  • Figure 1.

  • Figure 2.

  • Figure 3.

  • Figure 4.

Tableaux

Auteurs
1 Service de pneumo-allergologie C, Hôpital Abderrahmane Mami Ariana, Tunisie ; Université Tunis El Manar, Faculté de médecine de Tunis, Tunisie
2 Service de chirurgie thoracique, Hôpital Abderrahmane Mami Ariana, Tunisie ; Université Tunis El Manar, Faculté de Médecine de Tunis, Tunisie
3 Laboratoire de recherche « Analyse des effets sur la santé des changements climatiques et environnementaux » LR20SP01, Tunisie
* Correspondance : A. Ben Mansour

Introduction

La surestimation de la fréquence de l’hypersensibilité aux bêtalactamines constitue un problème majeur de santé publique. L’impact d’un diagnostic par excès ou par défaut est majeur. Le but est d’évaluer l’apport du bilan allergologique dans le désétiquetage d’hypersensibilité aux bêtalactamines à travers une série de patients dans la population tunisienne.

Méthodes

Étude transversale ayant porté sur un échantillon de patients présentant des manifestations d’hypersensibilité aux BL colligés au service d’allergologie « C » de l’hôpital Mami Ariana entre janvier 2007 et juin 2022.

Résultats

Quatre-vingt-dix-huit patients (37 hommes, 61 femmes) âgés en moyenne de 37,8 ans présentaient une suspicion d’allergie aux bêtalactamines. Les manifestations cliniques les plus fréquentes regroupaient urticaire (n = 73), œdème de Quincke (n = 15), choc anaphylactique (n = 13), dyspnée (n = 34), bronchospasme (n = 9) et signes digestifs (n = 47). Le délai moyen d’installation des signes cliniques par rapport à la dernière prise médicamenteuse était de 37,9 minutes. La voie d’administration médicamenteuse était la voie orale dans 83,3 % des cas. Le bilan allergologique était réalisé en moyenne 5,5 mois après la dernière réaction présumée médicamenteuse. Les pricks tests aux concentrations pures recommandées étaient positifs dans 17 cas (17,3 %) alors que les intradermo-réactions étaient positives dans 14 cas. Une allergie croisée aux céphalosporines était constatée dans 6 cas. Le test de provocation orale réalisé chez 65 patients ayant des tests cutanés négatifs était positif dans 10 cas. Au terme du bilan allergologique, le diagnostic d’allergie aux bêtalactamines était confirmé chez 41 patients (19,3 %).

Conclusion

L’allergie aux bêtalactamines n’est pas rare. Les tests cutanés aux bêtalactamines ont une bonne valeur diagnostique et prédictive de l’allergie vraie aux bêtalactamines.