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Innovations & Thérapeutiques en Oncologie

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Les CAR-T cells à l’épreuve de l’oncologie solide Volume 6, numéro 3-4, Mai-Août 2020

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteurs
1 Sorbonne Université, INSERM CIC Paris-Est
AP-HP, ICAN, Hôpital Pitié-Salpêtrière
Département de pharmacologie
47-83, boulevard de l’Hôpital
75013 Paris
France
2 CLIP Galilée
Hôpital Pitié-Salpêtrière
Département d’oncologie médicale
47-83 Boulevard de l’Hôpital
75013 Paris
France
* Tirés à part

Les lymphocytes T liés à un récepteur antigénique chimérique (CAR-T cell) sont une population de lymphocytes T à laquelle on fait exprimer une protéine de fusion capable de reconnaître un antigène et qui va définir une cible contre laquelle ces lymphocytes seront effectifs. Ils ont tout d’abord prouvé leur efficacité, au milieu des années 2010, pour le traitement de certains lymphomes et de leucémies surexprimant CD-19.

En oncologie solide, les différents essais réalisés n’ont cependant pas permis d’obtenir de réponses tumorales durables. Cet échec des premières générations de CAR-T cells dans les tumeurs solides peut s’expliquer par de nombreux obstacles : ils doivent, entre autres, pénétrer la tumeur, puis survivre au micro-environnement immunosuppresseur, et cibler des tumeurs très hétérogènes. La problématique économique est elle aussi importante, puisque la production est longue et coûteuse avec des prix atteignant des centaines de milliers de dollars ou d’euros.

Le développement de CAR-T cells de nouvelle génération, capables de s’activer plus facilement ou de se multiplier dans un milieu immunosuppresseur, pourrait permettre une meilleure efficacité. Le conditionnement pré-thérapeutique semble aussi jouer un rôle important dans l’expansion des CAR-T cells. D’autres pistes sont également explorées, comme l’utilisation de CAR-T cells en injection locorégionale, leur combinaison à l’immunothérapie, ou le ciblage simultané de plusieurs antigènes. La recherche de nouvelles cibles est également un enjeu majeur.

Les résultats obtenus avec les premières générations de CAR-T cells en oncologie solide ont été décevants, mais les nouvelles stratégies pourraient permettre d’avoir une efficacité antitumorale durable et constituer la prochaine révolution de l’oncologie.