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Innovations & Thérapeutiques en Oncologie

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Histoire et innovation : chimiothérapie néoadjuvante des cancers du sein Volume 10, numéro 2, Mars-Avril 2024

Auteurs
1 Centre Eugène Marquis, Avenue de la Bataille Flandres-Dunkerque, CS 44229, 35000 Rennes, France <v.dieras@rennes.unicancer.fr> <f.ledu@rennes.unicancer.fr>
2 Institut Curie, Paris Saint Cloud, Université Paris Cité, 26, rue Ulm, 75005 Paris, France <jean-yves.pierga@curie.fr>
* Tirés à part : V. Diéras

Le cancer du sein a été considéré comme une maladie systémique lorsque, malgré des traitements chirurgicaux importants, la survenue de métastases n’était pas évitée. Les bases biologiques étaient en faveur d’un traitement très précoce de la maladie micrométastatique. La chimiothérapie cytotoxique néoadjuvante des cancers du sein a été développée dans les années 1980, initialement dans les cancers localement avancés, non accessibles à la chirurgie, puis dans un second temps dans les cancers du sein opérables mais non accessibles à un traitement conservateur, afin de diminuer les indications de mastectomie. La validation du concept a été apportée par la grande étude du NSABP B-18 (National Surgical Adjuvant Breast and Bowel Project Protocol B-18) et confirmée par de nombreuses études. L’obtention d’une réponse complète histologique a été d’emblée associée à un meilleur pronostic, permettant d’utiliser ce critère de jugement intermédiaire pour valider de nouveaux traitements. De plus, la non-obtention d’une réponse complète histologique a permis d’identifier des populations à plus haut risque de récidive et de proposer ainsi de nouvelles approches. Le schéma néoadjuvant est actuellement intégré dans tous les référentiels.