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Innovations & Thérapeutiques en Oncologie

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Efficacité clinique de la dose biologique efficace dans les essais de phase précoce des thérapies ciblées anticancéreuses Volume 9, numéro 6, Novembre-Décembre 2023

Auteur
1 EA 3738 Centre pour l’innovation en cancérologie de Lyon (CICLY), Faculté de médecine Lyon Sud, Université Claude Bernard Lyon 1, 165, chemin du Grand Revoyet, 69921 Oullins cedex, France <pauline.corbaux@chu-st-etienne.fr>
2 Oncologie médicale, Institut de cancérologie et d’hématologie universitaire de Saint-Étienne (ICHUSE), Centre hospitalier universitaire de Saint-Étienne, 42055 Saint-Étienne cedex 2, France
* Tirés à part : P. Corbaux
Remerciements et autres mentions :
Financement : aucun.
Liens d’intérêts : l’auteur déclare ne pas avoir de lien d’intérêt.

Dans les essais de phase I évaluant des agents anticancéreux, la détermination de la dose recommandée pour la phase II (RP2D) repose conventionnellement sur la dose maximale tolérée (DMT). Cependant, cette stratégie n’est pas adaptée aux thérapies ciblées. La dose biologique efficace est la dose minimale associée à un effet biologiquement prédéterminé selon le mécanisme d’action de la molécule, considérée dès lors comme efficace. Elle pourrait représenter une alternative à la DMT dans la recherche de la RP2D des thérapies ciblées.

Les essais de phase précoce évaluant les thérapies ciblées approuvées par la Food and Drug Administration (FDA) en oncologie et en hématologie avant juillet 2018 en monothérapie ont été analysés pour évaluer la pertinence de la recherche d’une dose biologique efficace.

Au total, 87 essais ont été analysés, correspondant à 81 thérapies ciblées approuvées par la FDA. Une dose biologique efficace avait été rapportée pour 40 % (32/81) des molécules évaluées : 19 petites molécules inhibitrices et 13 anticorps monoclonaux. La DMT n’avait pas été atteinte pour 59 % (19/32) des molécules. Quand la dose biologique efficace était choisie comme RP2D (18/32 molécules, soit 56 %), elle correspondait dans 83 % des cas à la dose approuvée par la FDA, alors que la dose approuvée ne correspondait à la RP2D que dans 58 % des cas lorsqu’elle était déterminée à partir de la DMT [5].

La dose biologique efficace est un paramètre pharmacologique insuffisamment considéré, qui pourrait constituer un élément cliniquement pertinent dans la détermination de la dose des nouvelles thérapies ciblées anticancéreuses.