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L'Information Psychiatrique

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Sélection de livres Volume 95, numéro 10, Décembre 2019

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Yves Gigou, avec Patrick Coupechoux

Mon métier d’infirmier

Paris : Édition d’Une, 2019

C’est d’un élan émancipateur par rapport à la psychiatrie asilaire que le secteur est né ; et c’est à coups de burin portés contre ses inventions les plus humanisantes et vivifiantes que le secteur s’effacera... Ou pas.

Pour parler de son métier d’infirmier psychiatrique, Y. Gigou part de son expérience « aux agités » pour détailler la façon dont il a travaillé ensuite, avec d’autres, à la sectorisation. Dans cette révolution, il insiste sur l’importance de rencontres variées, allant de la psychanalyse à la politique, des activités thérapeutiques créatives à l’animation des groupes, de la lecture au jeu théâtral.

Pierre Mougeot

Le travail des infirmiers en hôpital psychiatriques

Toulouse : édition Erès, 2019 Coll. « Clinique du travail »

La psychiatrie vit un profond malaise. Ce constat, largement relayé par les professionnels de santé et parfois par les médias, appelle une réflexion de fond sur l’ordinaire de l’hôpital psychiatrique français. Quel est ce malaise ?

À partir d’une enquête de terrain fournie de plus d’une année au sein de deux services, cet ouvrage ouvre les portes de l’hôpital psychiatrique public. L’auteur suit le travail des équipes infirmières qui se trouvent en première ligne face aux patients, auprès desquels elles représentent l’institution. Dans le contexte nouveau de suppression de lits, l’héritage de la psychiatrie de secteur peine à s’exprimer dans le quotidien des soignants. Comment dès lors exercer son activité ? Comment développer la créativité nécessaire au travail de soignant dans les conditions actuelles d’un hôpital pensé en termes de flux ?

Les scènes de la vie quotidienne ancrent le propos dans l’ordinaire des soins et des relations avec les patients atteints de troubles psychiques. Dans ce récit ethnographique, l’auteur décrit les tours de mains des soignants et met en lumière la manière dont ils peuvent poursuivre leur mission dans un contexte contraint en négociant des marges de manœuvre pour résister à la violence gestionnaire.

Docteur en sociologie et en anthropologie, F. Mougeot est membre du centre Max Weber (UMR 5283). Spécialiste de la sociologie du travail dans les mondes de la santé, il investigue les coulisses de la santé humaine à travers des terrains aussi variés que la psychiatrie et la santé mentale, l’hôpital général, mais aussi le sport de haut niveau.

Pierre Delion, avec Madeleine Alapetite, Mathieu Bellahsen et Sandrine Deloche

Éloge de la psychiatrie de secteur

Paris : Édition d’Une, 2019

C’est d’un élan émancipateur par rapport à la psychiatrie asilaire que le secteur est né ; et c’est à coups de burin portés contre ses inventions les plus humanisantes et vivifiantes que le secteur s’effacera... Ou pas.

De l’idéal aux réalisations en passant par la nécessaire critique des normes proposées, les équipes qui s’y sont impliquées ont développé localement des pratiques centrées sur le respect de la vie des personnes et leur droit inaliénable à un accueil sur-mesure.

Dominique Friard

« J’aime les fous »Dans la tête d’un infirmier psychiatriquePlaidoyer pour les soins ambulatoires en santé mentale

Paris : Vuibert, 2019. Coll. « Seli Arslan »

Cet ouvrage dessine les contours des soins ambulatoires en psychiatrie, toujours plus en développement, sous la forme de récits qui reflètent la variété des possibilités d’accompagnement de patients acteurs de leurs soins.

Les soins ambulatoires en psychiatrie sont toujours plus amenés à se développer, mais cerne-t-on suffisamment les multiples possibilités d’accompagnement qui s’offrent aux professionnels de la santé mentale ?

Rassemblés sous la forme d’un recueil de récits qui explorent ce qui se passe dans la tête d’un infirmier psychiatrique engagé, chaque texte raconte avec style une histoire vécue par le soignant. En partageant ainsi ses émotions et réflexions, il interpelle le lecteur, conduit à se demander ce qu’il aurait lui-même fait dans la situation présentée. Si la théorie n’envahit pas le propos, elle sous-tend chacun des textes où la clinique est toujours au premier plan. Ces récits reflètent la variété des situations croisées dans le lieu de vie de patients acteurs de leurs soins, qu’il s’agisse de décrire la rencontre d’une patiente borderline qui s’automutile à domicile, les ressources psychiques d’un lycéen aux idées suicidaires, les échanges avec un patient hypochondriaque qui met une équipe en échec, ou d’accompagner des familles en souffrance. Le lecteur accompagne l’auteur dans ses visites à domicile, accueille avec lui des patients au centre médico-psychologique (CMP), emboîte son pas dans les rues de Gap, le voit animer des activités de médiation dans un hôpital de jour. Il explore avec lui les différents fils relationnels mobilisés par ces soins.

Au fil des pages se dessine un art de soigner aux antipodes des protocoles et des conduites à tenir. S’il ne s’agit pas d’un livre de cours, cet ouvrage peut être utilisé par les formateurs dans leurs enseignements. Les infirmiers en exercice y verront l’occasion d’une série de questionnements cliniques à mener individuellement ou en groupe. Les étudiants y saisiront l’importance d’écouter les patients, d’observer leur attitude, de veiller à leur place dans le monde. Au-delà des représentations négatives de la folie et des peurs qu’elle suscite, l’interaction entre soignant et patient constitue une part essentielle du travail en santé mentale. Chaque rencontre est singulière et requiert une réponse à chaque fois unique et originale.

Cécile Hanon

Le nez du PsychiatreL’odeur dans la relation de soin en psychiatrie

Saint-Denis : Éd. Connaissances et Savoirs, 2019

L’homme est pourvu de cinq sens : l’ouïe, la vue, le toucher, le goût et l’odorat. Le psychiatre aussi.

Aujourd’hui, les nouvelles technologies numériques et de l’information en lien avec la médecine, et a fortiori la psychiatrie, nous plongent dans un espace relationnel aseptisé, sans limite et à la temporalité abolie. La relation de soin s’en trouve modifiée, notamment dans son vécu sensoriel.

Pourtant, l’odeur est partout, elle s’impose et fait intrusion. Elle agresse lorsqu’elle est putride, elle est un implicite de dégoût et de maladies. Elle est aussi subtil parfum ou essence délicate, et véhicule du transport amoureux, du désir et de la sensualité. Le corps exhale ce que l’esprit raconte.

Le psychiatre, comme tout soignant, est confronté à l’odeur dans sa relation au patient. Elle l’aide à connaître l’autre et peut même le guider dans sa clinique. Mais lorsque l’odeur est difficile à supporter, quel est l’impact dans le lien thérapeutique et dans le respect de l’éthique soignante ?

À contre-courant du sens commun et de la tradition philosophique, cet ouvrage se propose de réhabiliter les odeurs et l’odorat dans la relation de soin en psychiatrie.

C. Hanon est psychiatre, de l’adulte et de la personne âgée. Elle est praticien hospitalier à l’APHP. Centre-Université de Paris, titulaire d’un master en éthique médicale et philosophie pratique et par ailleurs, rédactrice en chef adjointe de la revue L’Information Psychiatrique et directrice de la collection « Polémiques » aux éditions John-Libbey Eurotext/Doin. Elle est membre du conseil d’administration de la European Psychiatric Association (www.europsy.net).

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