John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Tumeurs du foie et grossesse Volume 27, numéro 4, Avril 2020

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
Auteurs
1 CHU de Caen, Service d’Hépato-Gastro-Entérologie-Nutrition, Avenue de la Côte de Nacre, 14000 Caen
2 Centre de Recherche des Cordeliers, Sorbonne Université, Inserm, USPC, Université Paris Descartes, Université Paris Diderot, Université Paris 13, Functional Genomics of Solid Tumors laboratory, F-75006, Paris
3 Hôpitaux Universitaires Paris-Seine-Saint-Denis, Hôpital Jean Verdier, Service d’hépatologie, Avenue du 14 Juillet, 93140 Bondy
4 Unité de Formation et de Recherche Santé Médecine et Biologie Humaine, Université Paris 13, Paris
* Correspondance

La découverte de tumeurs hépatiques lors de la grossesse est rare, le plus souvent fortuite, et concerne fréquemment des tumeurs bénignes. L’angiome et l’hyperplasie nodulaire focale ne nécessitent ni examen d’imagerie ni surveillance de routine chez la femme en âge de procréer ou pendant la grossesse. Les adénomes peuvent croître et exceptionnellement se rompre avec hémopéritoine au cours de la grossesse. Néanmoins, la grossesse ne doit pas être contre-indiquée chez une patiente ayant un adénome. Une résection chirurgicale doit être discutée systématiquement en réunion de concertation pluridisciplinaire chez les femmes ayant un adénome restant supérieur à 5 cm malgré l’arrêt des contraceptifs œstrogéniques, un adénome activé pour la voie Wnt/b-caténine, et en cas de croissance rapide d’un adénome de moins de 5 cm, surtout chez une femme souhaitant une grossesse. Si l’adénome est découvert en cours de grossesse, l’indication d’un traitement des adénomes de plus de 5 cm doit faire l’objet d’une discussion d’autant plus approfondie qu’il existe un risque d’erreur diagnostique en l’absence d’imagerie injectée et un risque de complications liées au traitement : une attitude conservatrice est à privilégier. Pour les adénomes inférieurs à 5 cm, une surveillance échographique toutes les six semaines s’impose. En cas de complication hémorragique, l’embolisation artérielle est le traitement de premier recours. La découverte d’une tumeur maligne en cours de grossesse, qu’elle soit primitive ou secondaire, impose une discussion multidisciplinaire et avec la patiente pour décider soit de réaliser une interruption thérapeutique de grossesse pour traiter sans délai, soit de mettre en route les traitements en maintenant la grossesse, soit de retarder les traitements jusqu’à l’accouchement.