John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Transplantation hépatique pour cirrhose alcoolique Volume 5, numéro 5, Septembre - Octobre 1998

Auteurs

Les cirrhoses alcooliques représentent environ 25 % des indications de transplantation hépatique en Europe et aux États-Unis. Les complications qui conduisent à prendre la décision de transplantation sont les mêmes quelle que soit l'étiologie de la cirrhose. Cependant, au cours de la cirrhose alcoolique, ces complications graves sont souvent l'expression d'une hépatite alcoolique aiguë associée. Ces complications ont de fortes chances de s'améliorer avec l'arrêt de la consommation d'alcool. De ce fait, la transplantation ne semble justifiée que si ces complications persistent au-delà d'une période d'abstinence d'au moins 6 mois, et s'il n'existe pas de lésions histologiques d'hépatite alcoolique aiguë. Chez les malades atteints de cirrhose alcoolique, le risque péri-opératoire peut être majoré s'il existe des alcoolopathies somatiques extra-hépatiques. Pour évaluer ce risque, il est important de prendre en compte l'existence éventuelle d'une dénutrition, d'une cardiopathie alcoolique, d'une neuropathie ou d'une pancréatite. Il est également important de vérifier l'absence de cancer oropharyngé, œsophagien ou bronchique. Dans des séries récentes, la reprise de la consommation d'alcool après la transplantation a été observée chez 25 % à 50 % des malades. Elle survient habituellement plus de 6 mois après la transplantation. Le plus souvent, il s'agit d'une consommation modérée, qui semble avoir peu de conséquences sur la compliance au traitement immunosuppresseur et le fonctionnement du greffon. Toutefois, on peut observer une reprise massive de la consommation d'alcool, conduisant à une récidive de la cirrhose. Les facteurs prédisant l'abstinence après la transplantation sont mal identifiés. L'espérance de vie après transplantation hépatique pour cirrhose alcoolique est en moyenne de 80 % à 1 an, 75 % à 3 ans et 65 % à 70 % à 5 ans.