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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Transplantation hépatique pour carcinome hépatocellulaire Volume 15, numéro 6, Novembre-Décembre 2008

Auteurs
Service d’Hépato-gastroentérologie Unité de Transplantation Hépatique Hôpital Henri Mondor - Créteil, Inserm U841 équipe 17

Le carcinome hépatocellulaire (CHC) est actuellement la première indication de transplantation hépatique (TH), avec 24 % des indications en France en 2007. La sélection des candidats s’effectue en prenant en compte le principe d’utilité de la greffe, qui doit s’accompagner d’une survie à 5 ans supérieure à 50 % dans cette indication, et, pour certains, d’une survie voisine de celle observée après TH pour hépatopathie bénigne. Les critères de Milan sont largement utilisés pour la sélection des malades, offrant une survie à 5 ans de 75 % et un risque de récidive tumorale à 5 ans de 10 %. Ils ont cependant une précision pronostique insuffisante, car certains malades, ne satisfaisant pas ces critères, pourraient être guéris par la greffe. Il est donc indispensable de réévaluer ces critères, 12 ans après leur publication princeps. Plusieurs nouveaux critères ont été proposés suite à l’analyse empirique de séries rétrospectives. Elargissant prudemment les critères de Milan, ils offrent une probabilité de survie et de récidive voisines de ceux-ci et augmenteraient d’environ 25 % le nombre de candidats à la TH pour CHC. L’identification de critères plus précis passera par l’utilisation de paramètres additionnels autres que la taille et le nombre des lésions. Les règles d’attribution des greffons sur le score MELD ne sont pas adaptées à la situation du CHC et doivent être ajustées pour respecter le principe d’équité d’attribution des greffons entre les candidats. Bien qu’aucune étude ne conclue formellement à son efficacité, le traitement du CHC, pendant la phase d’attente de la TH, permet de limiter la croissance tumorale et les sorties de liste pour progression tumorale. Il pourrait avoir un impact sur la réduction du risque de récidive post-TH.