John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Transplantation hépatique Volume 2, numéro 1, Janvier - Février 1995

Auteurs
centre hépato-biliaire, hôpital Paul- Brousse, 14, avenue Paul-Vaillant-Couturier, 94800 Villejuif, France.

La transplantation hépatique en 1994 a été marquée par une conférence de consensus qui a permis de préciser ses indications et ses contre-indications. Il est maintenant clairement démontré qu'en ce qui concerne la cirrhose virale B, la présence d'une réplication virale avant transplantation est un facteur prédictif indépendant de la récidive mais aussi le type de la maladie du foie, la récidive étant plus importante en cas de cirrhose virale B qu'en cas de cirrhose delta, d'hépatite fulminante delta ou d'hépatite fulminante B. Le traitement par interféron avant transplantation ne semble pas efficace. En revanche, l'immunoprophylaxie anti-HBs prolongée plus de 6 mois après la transplantation réduit significativement le taux de récidive du VHB. La récidive virale après transplantation pour cirrhose virale C est quasi constante dans les 1 à 2 ans qui suivent la greffe avec des lésions d'hépatite chronique habituellement d'intensité modérée. La méthode diagnostique de référence pour l'infection est la mise en évidence par amplification génomique de l'ARN du VHC dans le sérum. A court terme, cette récidive n'altère pas la survie mais à long terme le pronostic reste inconnu. Les indications de transplantation pour carcinome hépatocellulaire se réduisent et les bons résultats ne sont observés que dans les petites tumeurs uniques inférieures à 3 cm où la transplantation doit tre comparée à d'autres méthodes. Les indications de transplantation pour cirrhose alcoolique restent rares et limitées à l'insuffisance hépatocellulaire séegrave;re malgré une abstinence complète de 3 à 6 mois. L'immunosuppression effectue des progrès : malgré sa néphrotoxicité, le FK 506 apparaît efficace soit en immunosuppression primaire associé aux corticoïdes où il diminue l'incidence du rejet, soit en cas de rejet aigu cortico-résistant ou de rejet chronique réfractaire à la thérapie conventionnelle. Compte tenu de l'importance de l'infection par le CMV, des schémas de prophylaxie apparaissent : utilisation de l'Aciclovir par voie orale ou du Ganciclovir par voie intra-veineuse qui diminuent l'incidence des infections à CMV mais n'ont pas d'influence sur la survie ou sur l'incidence du rejet aigu.