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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Transmission materno-infantile du virus de l'hépatite C Volume 3, numéro 3, Mai - Juin 1996

Auteur
Unité d'hépato-gastro-entérologie, hôpital Saint-Antoine, 184, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 75571 Paris Cedex 12, France.

La transmission materno-infantile du virus de l'hépatite C (VHC) est possible. La contamination de l'enfant semble pouvoir survenir in utero ou post-partum, et pourrait être favorisée par l'allaitement. L'analyse combinée de 14 études de cohorte indique que le risque moyen de transmission du VHC chez les enfants de mères ayant des anticorps anti-VHC mais non infectées par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est de 7,4 % (IC à 95 % 4,4-10,4). Ce risque est de 15,5 % (IC à 95 % 8,9-22,1) lorsque la mère est co-infectée par le VIH. Lorsque l'ARN viral n'est pas détectable dans le sérum maternel, le risque de transmission est voisin de zéro. Lorsque l'ARN viral est détectable dans le sérum, le risque s'élève à 10,7 % (IC à 95 % 6,4-15) quand la mère n'est pas co-infectée par le VIH, et à 42,4 % (IC à 95 % 25,6-59,3) lorsque la mère est co-infectée par le VIH. Le niveau de virémie, lui-même influencé par la co-infection par le VIH, semble jouer un rôle important dans le risque de transmission materno-infantile du VHC. L'interprétation de ces résultats doit tenir compte du fait que la virémie n'est détectable au-delà de 12 mois que chez la moitié des enfants initialement infectés. Le pronostic à long terme de l'infection par le VHC chez le nouveau-né n'est pas connu.