John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Traitements intra-artériels des métastases hépatiques de tumeurs neuroendocrines Volume 28, numéro 6, Juin 2021

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4

Tableaux

Auteurs
1 Hôpital Beaujon, Service de radiologie, 100 boulevard du Général Leclerc, 92110 Clichy
2 Université de Paris, Paris
3 INSERM UMR 1149, CRI, Paris
4 Gustave Roussy, Service d’imagerie thérapeutique, Villejuif
5 Université Paris Saclay, Saint-Aubin
6 INSERM U1015, Laboratoire de recherche translationnelle en immunothérapie (LRTI), Gustave Roussy, Villejuif
* Correspondance

Le foie est le site métastatique le plus fréquent des tumeurs neuroendocrines, surtout celles d’origine gastro-entéro-pancréatique (GEP-NET). La survenue de métastases hépatiques constitue l’un des facteurs pronostiques négatifs les plus importants pour les patients. Le traitement spécifique de ces métastases est indiqué lorsqu’elles constituent la partie dominante de la charge tumorale, ou en raison de symptômes liés à leur sécrétion hormonale. Parmi les nombreuses options thérapeutiques, les traitements intra-artériels sont couramment utilisés en cas de maladie hépatique dominante. Ils comprennent la chimioembolisation, l’embolisation et, plus récemment, la radioembolisation. Les deux premiers sont des traitements ischémiants qui reposent sur l’embolisation de branches de l’artère hépatique associée ou non à l’injection d’une drogue anti-tumorale émulsionnée dans de l’huile de pavot ou chargée dans des microbilles calibrées. Ils sont associés à une survie sans progression hépatique de 16-18 mois, une survie globale de l’ordre de 3 à 5 ans, à un taux de réponse objective aux alentours de 60 %, et un taux de réponse clinique atteignant 90 %, au prix d’une toxicité principalement hépatobiliaire. La réponse à ces traitements est meilleure lorsqu’ils sont utilisés tôt dans l’histoire de la maladie. Le bénéfice de la chimioembolisation par rapport à une embolisation simple n’a pas été démontré mais semble exister, notamment dans les TNE d’origine pancréatique. La radioembolisation est une radiothérapie vectorisée par voie intra-artérielle. Les études préliminaires rapportent des résultats oncologiques proches de ceux des traitements ischémiants pour une tolérance précoce qui semble meilleure. En revanche, la toxicité retardée, liée à l’irradiation du foie non tumoral, ne doit pas être négligée. Cette mini-revue détaille le rôle des traitements intra-artériels hépatiques des métastases de TNE, et discute leurs avantages et leurs limites dans une perspective oncologique.