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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Traitement adjuvant de l’adénocarcinome du pancréas : une lente évolution depuis 2001, une révolution en 2018 Volume 26, numéro 4, Avril 2019

Tableaux

Auteurs
Hôpital Beaujon, Services d’oncologie digestive et de chirurgie hépato-bilio-pancréatique, Clichy et Université Paris VII-Denis Diderot, 100 boulevard Leclerc, 92110 Clichy
* Correspondance
  • Mots-clés : pancréas, cancer, adjuvant, chimiothérapie, FOLFIRINOX, gemcitabine
  • DOI : 10.1684/hpg.2019.1765
  • Page(s) : 383-9
  • Année de parution : 2019

Depuis 2001, une chimiothérapie adjuvante est indiquée après résection à visée curative d’un cancer du pancréas, quel qu’en soit le stade. Le nombre limité de molécules efficaces jusque-là explique les lents et modestes progrès obtenus en quinze ans avec seulement deux d’entre elles, le 5-fluorouracile (5-FU) et la gemcitabine, seules puis associées dans l’essai ESPAC-4 publié en 2017. Cependant, le temps médian à récidive dépassait à peine un an, et moins d’un malade sur trois était vivant cinq ans après l’opération. Le schéma FOLFIRINOX a pris place dans le paysage du traitement l’adénocarcinome du pancréas métastatique en 2011 avec le retentissement qu’on connaît. Sept ans plus tard, il s’est avéré très supérieur à la gemcitabine en situation adjuvante, avec un délai médian à récidive de 21 mois et une médiane de survie qui dépassait quatre ans, avec un allègement du schéma adapté à l’état post-opératoire des malades : suppression du bolus de 5-FU auquel s’est ajoutée une réduction de la dose d’irinotécan (mFOLFIRINOX). Après cette avancée majeure, plusieurs axes de travail restent à développer : une proportion non négligeable de malades opérés n’est pas éligible au FOLFIRINOX, souvent du fait d’une récupération trop lente après une chirurgie lourde ; il faudra trouver des biomarqueurs prédictifs pour adapter au mieux type et durée du traitement adjuvant administré ; les traitements néoadjuvants s’imposent peu à peu avant la chirurgie, même en l’absence de preuve robuste de leur efficacité. Leur place exacte doit être mieux définie et des adaptations du traitement post-opératoire devraient en découler. La radiothérapie, forte d’amélioration techniques, pourrait retrouver une place dans le concert des traitements encadrant la chirurgie ; enfin, le renforcement des soins de support, notamment la nutrition et l’activité physique, à côté des traitements antitumoraux pour encadrer la chirurgie, doit être une antienne pour les équipes qui traitent ces malades.