John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Toxicité hépatique des antidépresseurs Volume 24, numéro 4, Avril 2017

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Hôpitaux Universitaires Paris-Sud,
Hôpital Antoine Béclère, service d’hépato-gastroentérologie et nutrition,
157 rue de la Porte de Trivaux,
92141 Clamart cedex,
France
2 INSERM U996,
DHU Hepatinov,
Labex LERMIT,
Clamart F-92140,
France
3 Université Paris-Saclay,
Univ Paris-Sud,
Faculté de Médecine Paris-Sud,
Le Kremlin-Bicêtre F-94276,
France
4 Hôpitaux Universitaires Paris-Sud,
Hôpital de Bicêtre,
service de psychiatrie,
Le Kremlin Bicêtre,
F-94276,
France
5 INSERM UMR 1178,
Equipe Dépression et Antidépresseurs,
Le Kremlin-Bicêtre F-94276,
France
* Tirés à part

Environ 0,5 à 3 % des patients traités par antidépresseurs développent des anomalies légères des tests hépatiques et l’incidence de l’hépatite médicamenteuse serait de 1,28-4 cas pour 100 000 patients-années. Ces chiffres sont probablement sous-estimés en raison d’une sous-déclaration des cas et de l’absence de critères diagnostiques précis. Les facteurs favorisant la survenue d’une toxicité hépatique aux antidépresseurs sont mal connus. Des interactions médicamenteuses ou une hépatotoxicité croisée entre les antidépresseurs tricycliques, en raison d’une structure moléculaire commune, sont possibles. Une relation entre la dose et le risque d’hépatite médicamenteuse a été rapportée pour la duloxétine, la néfazodone et la miansérine. La toxicité hépatique liée à la duloxétine semble plus fréquente chez les patients ayant une maladie hépatique sous-jacente. La relation temporelle entre la prise du médicament et la survenue de l’hépatite, ainsi que la cinétique du bilan hépatique après l’arrêt de la molécule incriminée, sont les éléments essentiels pour le diagnostic. La toxicité hépatique des antidépresseurs est souvent de type cytolytique et plus rarement cholestatique ou mixte. Une amélioration rapide du bilan hépatique est généralement observée, mais des cas d’hépatite fulminante ont été décrits. Les molécules plus hépatotoxiques semblent être les inhibiteurs de monoamine-oxydase, les anti-dépresseurs tricycliques, la néfazodone, le bupropion, la duloxétine et l’agomelatine. Le citalopram, l’escitalopram, la paroxétine et la fluvoxamine semblent avoir un risque moindre d’hépatotoxicité. Le traitement repose sur l’arrêt immédiat de l’antidépresseur incriminé et une surveillance du bilan hépatique.