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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Syndrome de Lynch : phénotype endoscopique et stratégie de prise en charge endoscopique Volume 19, numéro 10, Décembre 2012

Auteurs
Université François-Rabelais de Tours, CHRU de Tours, Hôpital Trousseau, service d’hépatogastroentérologie et de cancérologie digestive, 37044 Tours Cedex 9, France

Le syndrome de Lynch est la forme la plus fréquente de cancer colorectal héréditaire. Une meilleure connaissance phénotypique colorectale a permis de recommander une stratégie de surveillance endoscopique colorectale relativement consensuelle au niveau international. Les adénomes colorectaux sont souvent plans, en amont de l’angle gauche et plus agressifs avec une carcinogénèse vers le cancer invasif accélérée. Ces particularités justifient un rythme de surveillance endoscopique soutenue, tous les 1 à 2 ans, associés à une chromoendoscopie pour augmenter le taux de détection des adénomes et diminuer le risque de cancer d’intervalle. Le syndrome de Lynch est également associé à une augmentation du risque de cancer gastrique et de l’intestin grêle. La prévalence des lésions prénéoplasiques et néoplasiques gastriques augmente avec l’âge et leur présence est associée dans près de la moitié des cas à une infection à Helicobacter pylori. Néanmoins, l’incidence de ces lésions est faible et ne justifie pas une surveillance aussi rapprochée que le côlon. Pour l’intestin grêle, le phénotype est moins bien connu et les modalités de sa surveillance sont encore à définir. La localisation duodénale des cancers de l’intestin grêle étant de loin la plus fréquente, son dépistage endoscopique est possible lors du dépistage du cancer gastrique. Pour les localisations plus distales, la vidéocapsule, plus prometteuse que l’entéroscanner par son caractère non irradiant, n’est pas recommandée systématiquement en dehors de l’apparition d’une anémie ou de symptômes digestifs inexpliqués.