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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Syndrome de l’intestin irritable : conception physiopathologique actuelle Volume 20, numéro 9, Novembre 2013

Auteurs
Hôpital Charles Nicolle, service d’hépato-gastroentérologie et de nutrition, UMR 1073, 76031 Rouen Cedex, France

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est une affection multifactorielle. Il associe à des degrés divers, selon le phénotype des patients, une hypersensibilité viscérale, des troubles moteurs qui concernent surtout l’intestin grêle, une dysbiose et des désordres du système nerveux central et du système nerveux autonome. L’hypersensibilité viscérale, élément physiopathologique majeur, amène le patient à percevoir de façon excessive les influx sensitifs d’origine digestive. Cette hypersensibilité peut être liée au dysfonctionnement des afférences sensitives et des nocicepteurs intestinaux, parfois à la suite d’une infection (SII post-infectieux). Des différences d’activité métabolique de la flore intestinale, une perméabilité paracellulaire intestinale accrue, une inflammation de bas grade au contact des afférences sensitives, une modification de la quantité et du type des acides biliaires endoluminaux contribuent à cette hypersensibilité. Au niveau intestinal, les mastocytes jouent un rôle-clé dans la survenue d’une telle hypersensibilité. Les troubles de l’humeur, des évènements de vie douloureux, une exposition à un stress chronique influencent la sévérité du SII en modifiant le vécu des symptômes, en perturbant l’intégration cérébrale des messages sensitifs d’origine digestive, en entretenant, via le système nerveux autonome, une inflammation intestinale de bas grade et l’activation mastocytaire, en augmentant la perméabilité intestinale et probablement l’activité du microbiote.