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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Syndrome d'Ogilvie Volume 10, numéro 2, Mars - Avril 2003

Auteurs
Services de gastro-entérologie, Communauté hospitalo-universitaire Lille-Roubaix-Tourcoing, 59037 Lille Cedex.

Le syndrome d'Ogilvie, ou pseudo-obstruction colique aiguë (POCA), réalise une dilatation aiguë limitée au côlon sans obstacle mécanique. Son origine pourrait être un déséquilibre de l'innervation sympathique-parasympathique ou une altération de la transmission neuro-musculaire. Les nombreuses observations de POCA rapportées suggèrent des conditions cliniques particulières : troubles métaboliques, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale, maladie neurologique, cancer métastasé rétropéritonéal, intervention chirurgicale orthopédique, rétropéritonéale ou pelvienne. Le terrain de survenue électif de la POCA est la personne âgée, hospitalisée pour décompensation cardio-respiratoire. La POCA est révélée par un météorisme avec douleurs abdominales ou par la décompensation d'une insuffisance respiratoire par distension abdominale devant faire éliminer un obstacle mécanique ou une colite ischémique. Les explorations biologiques n'ont pas d'intérêt diagnostique. La radiographie de l'abdomen sans préparation reste l'examen diagnostique clé, avec distension colique rectosigmoïdienne, le plus souvent étendue au reste du cadre colique. Un diamètre cæcal supérieur à 12 centimètres est un facteur de risque de perforation. Le traitement est pluri-factoriel : correction des troubles hydro-électrolytiques éventuels, mise en place d'une sonde d'aspiration nasogastrique, arrêt possible de traitements pouvant favoriser les troubles du transit. Le lavement aux hydrosolubles, outre sa valeur diagnostique, peut être un traitement efficace. L'exsufflation endoscopique avec mise en place d'une sonde d'exsufflation multiperforée est longtemps restée le traitement de référence avec résultats satisfaisants, avec parfois nécessité d'exsufflations itératives. Les risques perforatifs pendant l'exsufflation endoscopique sont réels même s'ils sont mal quantifiés. Le traitement de référence de la POCA est la néostigmine, agent para-sympathicomimétique qui, par voie intraveineuse et sous réserve du respect des contre-indications, est efficace dans plus de 90 % des cas. La cæcostomie de sauvetage ou, exceptionnellement, la colectomie sont réservées aux rares échecs des traitements conservateurs.