John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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SIDA et tube digestif Volume 2, numéro 4, Juillet - Août 1995

Auteurs
service d'hépato-gastroentérologie et de nutrition, hôpital Rothschild, 33, boulevard de Picpus, 75571 Paris Cedex 12, France.

Les études sur les diarrhées infectieuses et sur l'entéropathie associée au VIH ont dominé en 1994 la littérature sur les manifestations digestives du SIDA. Les facteurs de risque des diarrhées dues à Clostridium difficile n'ont rien de spécifique chez les malades atteints par le VIH. En revanche, lorsque le taux des lymphocytes T4 devient inférieur à 200/mm3, les cryptosporidioses deviennent volontiers chroniques, malgré une réponse immune humorale appropriée, et sont incomplètement contrôlées par la paromomycine. Les microsporidioses sont aujourd'hui bien démembrées. Les colites à cytomégalovirus continuent à poser des problèmes de définition, de diagnostic et de traitement, malgré l'efficacité potentielle du ganciclovir. Le rôle d'autres virus entériques, en particulier au cours des diarrhées aiguës, est de plus en plus suspecté. Les perturbations architecturales et fonctionnelles de la muqueuse intestinale sont précoces, pléiomorphes et évolutives, au cours de l'infection par le VIH. Des modèles d'étude cellulaires et animaux sont maintenant utilisés. Les lymphomes intra-abdominaux sont de plus en plus fréquents, et posent de nouveaux problèmes d'imagerie et d'approche diagnostique. Ainsi, les stratégies d'exploration des signes digestifs au cours du SIDA, que l'on soit ou non dans le contexte de l'urgence, doivent être régulièrement actualisées.