John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Sécurité des inhibiteurs de pompes à protons (IPP) Volume 18, numéro 5, Septembre-Octobre 2011

Auteur
CHU de Rennes, hôpital Pontchaillou, service des maladies de l’appareil digestif, 2 rue Henri Le Guillou, 35033 Rennes cedex, France

Cette revue générale se limite aux effets secondaires potentiels des inhibiteurs de pompes à protons (IPP) publiés récemment. L’augmentation du risque de cancer digestif (adénocarcinome gastrique ou œsophagien) rapportée avec les IPP dans les études de cohorte est probablement la conséquence d’un biais méthodologique, celui de l’indication de la prescription de l’IPP. Pour l’estomac, on peut retenir que les IPP augmentent le risque de polypes glandulo-kystiques, d’hyperplasie des cellules ECL et majorent l’intensité de la gastrite des personnes infectées par Helicobacter pylori. Malgré l’hypergastrinémie induite par les IPP, il n’a pas été rapporté d’augmentation du risque de cancer colorectal. Les interactions entre IPP et certains médicaments n’ont que peu d’impact clinique, hormis le cas récent du clopidogrel, quoique la réalité clinique de la diminution de l’effet antiagrégant plaquettaire observée ex vivo, surtout avec l’oméprazole, soit très controversée. La modification de l’écologie bactérienne consécutive à l’hypochlohydrie permettrait d’expliquer la modeste augmentation du risque d’infections pulmonaires ou intestinales associée à la prise d’IPP. Les méta-analyses les plus récentes font état aussi d’une augmentation modeste du risque de fracture osseuse avec les IPP. Mais tant pour le risque d’infections que celui de fracture associés aux IPP, les études observationnelles ne permettent pas de préciser la nature du lien et notamment d’éliminer l’existence de facteurs confondants. Les rares cas d’hypomagnésémie et de néphropathies interstitielles aiguës doivent être connus des prescripteurs d’IPP. Enfin, les études récentes n’ont pas mis en évidence d’association entre la prise d’IPP au cours du premier trimestre de la grossesse et le risque de malformation fœtale. Malgré leur rareté ou l’incertitude existant quant à la réalité clinique de certains d’entre eux, les effets secondaires des IPP constituent des arguments pour respecter les règles de bonne prescription lors de l’initiation ou la reconduction d’un traitement.