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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Sarcopénie et cirrhose, l’ennemi silencieux Volume 27, numéro 10, Décembre 2020

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Hôpitaux Universitaires Paris-Seine-Saint-Denis, Hôpital Avicenne, Service d’hépatologie, Bobigny
2 Communauté d’Universités et Établissements Sorbonne Paris Cité, Université Paris 13, Unité de Formation et de Recherche Santé Médecine et Biologie Humaine, Paris
3 Sorbonne Universités, Inserm, UMRS-1138, Sorbonne Université, Centre de Recherche des Cordeliers, F-75006 Paris
4 Université Paris 13, Université Paris Diderot, Université Paris Descartes, USPC, Functional Genomics of Solid Tumors, F-75006 Paris, France
5 Hôpitaux Universitaires Paris-Seine-Saint-Denis, Hôpital Avicenne, Radiologie interventionnelle, Bobigny
6 Centre de recherche sur l’inflammation, INSERM UMR 1149, Paris
* Correspondance

La sarcopénie au cours des maladies du foie est définie comme une réduction généralisée de la masse musculaire et de la fonction musculaire due à une hépatopathie aiguë ou chronique. Les recommandations actuelles préconisent d’inclure une évaluation de la sarcopénie dans l’évaluation nutritionnelle chez tout patient ayant une hépatopathie chronique. Les mécanismes physiopathologiques impliqués sont l’autophagie, l’hyperactivation du système ubiquitine/protéasome et l’activation de la voie mTOR. L’installation de la sarcopénie est multifactorielle, liée à la présence d’une hyperammoniémie, la diminution du taux sanguin de testostérone et de facteurs de croissance ou d’acides aminés ramifiés. La mesure de la sarcopénie peut être effectuée de façon fonctionnelle ou morphologique ; la technique la plus répandue d’évaluation de la sarcopénie et source de plusieurs publications est le calcul de la surface musculaire squelettique au scanner (skeletal muscle area) au niveau de la troisième vertèbre lombaire avec des seuils fixés à < 50 cm2/m2 chez l’homme et < 39 cm2/m2 chez la femme. La mesure du diamètre ou de la surface du muscle psoas par tomodensitométrie a été considérée par plusieurs groupes d’auteurs comme une alternative simple et fiable. L’impact pronostique négatif de la sarcopénie chez les patients en attente de transplantation hépatique ou en post-transplantation hépatique est bien établi. De plus, la sarcopénie est également un facteur pronostique péjoratif décrit au cours du carcinome hépatocellulaire développé sur cirrhose. Un certain nombre d’études ont suggéré le rôle bénéfique de l’exercice physique avec une amélioration de la sarcopénie chez le patient cirrhotique. L’aspect nutritionnel est majeur au cours de la prise en charge de la sarcopénie, puisque la dénutrition en est un facteur déclenchant et d’entretien important de la sarcopénie. Un patient cirrhotique devrait avoir un apport énergétique d’au moins 35 kcal/kg/j et un apport protéique entre 1,2 et 1,5 g/kg/j auxquels s’ajoutent une collation nocturne et éventuellement une supplémentation en acides aminés ramifiés.