John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Résection des adénocarcinomes canalaires pancréatiques : état des lieux et limites en 2006 Volume 13, numéro 4, Juillet-Août 2006

Auteurs
Département de Chirurgie, Institut Paoli-Calmettes, 232, boulevard Sainte-Marguerite, 13009 Marseille cedex

La résection curative des adénocarcinomes canalaires du pancréas est le seul traitement qui offre des chances de survie prolongée. Elle concerne malheureusement moins de 10 % des malades dans les études de population.La morbidité postopératoire a diminué mais elle reste élevée (30-50 %) ; la mortalité postopératoire a diminué de façon significative (< 5 %) ; par contre, les résultats des résections restent médiocres malgré les progrès observés au cours des dix dernières années ; la survie actuarielle après résection curative (R0), tous stades confondus, est de l’ordre de 15 % à 20 % à 5 ans dans les séries de malades sélectionnés ; dans les séries chirurgicales les plus récentes, elle est de 30 % si les marges de résection sont saines (R0) et qu’il n’y a pas d’envahissement ganglionnaire ; malheureusement, après la cinquième année, près de 75 % des malades présentent une rechute et parfois un second cancer : la survie actuarielle à 10 ans n’excède pas 5 %.Deux tiers au moins des malades dont les marges d’exérèse sont saines (R0) ont un envahissement ganglionnaire après examen histopathologique conventionnel. L’analyse histopathologique des pièces de résection comporte encore trop souvent des lacunes : a) un minimum de 10 ganglions lymphatiques doit être examiné ; b) la marge rétropéritonéale doit être définie pour juger du caractère R0 de la résection, ce qui nécessite son « marquage » à l’encre de chine ; c) en cas de résection veineuse, la veine doit être repérée pour évaluer le caractère néoplasique ou inflammatoire de l’atteinte veineuse, et la pénétration de l’invasion en cas de veine envahie. La qualité de l’évaluation histopathologique de la pièce opératoire (dans laquelle le chirurgien joue un rôle indiscutable) devrait permettre de mieux évaluer l’impact des thérapeutiques associées.Une chimiothérapie postopératoire est aujourd’hui recommandée, car elle améliore les résultats après résection ; cependant, ses modalités optimales restent à définir. Les associations thérapeutiques (radiothérapie et chimiothérapie concomitantes) pré ou postopératoires ne sont pas recommandées en dehors des essais cliniques.De nouvelles stratégies doivent être développées pour un diagnostic plus précoce.