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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Rectocolite hémorragique : du diagnostic au traitement Volume 21, numéro 3, Mars 2014

Illustrations

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  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4

Tableaux

Auteurs
Hôpital Saint-Antoine,
service de gastro-entérologie et nutrition,
184 rue du faubourg Saint-Antoine,
75571 Paris cedex 12,
France ;
UPMC Université Paris 06,
GRC no03, SUVIMIC,
F-75012, Paris,
France

La rectocolite hémorragique (RCH) est une maladie inflammatoire chronique non granulomateuse touchant au moins le rectum et pouvant s’étendre à tout le côlon de façon continue. Le diagnostic repose sur un faisceau d’arguments cliniques, endoscopiques et histologiques. Le diagnostic positif est facile dans les formes de début insidieux et progressif, dont les deux diagnostics différentiels principaux sont la maladie de Crohn et l’amibiase intestinale. Le bilan biologique initial n’est pas spécifique et une iléocoloscopie avec biopsies étagées est recommandée. En cas de présentation récente de début aigu, des prélèvements microbiologiques doivent être faits à la recherche d’une colite infectieuse et une antibiothérapie empirique initiale est requise. Une infection sexuellement transmissible doit être évoquée et le cas échéant cherchée en cas de rectite. Les modalités de la prise en charge diffèrent notablement entre d’une part les rectites, et d’autre part les colites gauches et étendues. Les 5-ASA par voie orale et/ou locale (suppositoires ou lavements) sont toujours le traitement de première ligne avant une corticothérapie systémique. En cas de colite aiguë sévère, une corticothérapie par voie intraveineuse avec surveillance médico-chirurgicale est requise. En cas d’échec, une intensification par ciclosporine ou infliximab se discute avant une colectomie. Le traitement d’entretien repose sur les 5-ASA. En cas de contrôle incomplet, le passage aux immunosuppresseurs (thiopurines et/ou anti-TNF) est justifié. Le risque de cancer colorectal est élevé chez les patients ayant une colite ancienne étendue ou une cholangite sclérosante associée. Une surveillance endoscopique est essentielle chez ces patients, en attendant de consolider les connaissances sur la chimio-prévention.