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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Récidive postopératoire dans la maladie de Crohn : quelle prise en charge à l’ère des biothérapies ? Volume 20, numéro 1, Janvier 2013

Auteurs
CHU Estaing, service de médecine digestive et hépato-biliaire ; Université d’Auvergne, Clermont-Ferrand, France, UMR Inserm/Université d’Auvergne U1071, USC-INRA 2018, Microbes, intestin, inflammation et susceptibilité de l’hôte, Clermont Université, Clermont-Ferrand, France, Inserm U954 ; CHU Brabois, service de gastroentérologie, Université Henri Poincaré 1, Vandoeuvre-lès-Nancy, Allée du Morvan, 54511 Vandoeuvre-lès-Nancy, France

La chirurgie n’est pas un traitement curatif de la maladie de Crohn et la récidive postopératoire constitue un enjeu majeur chez ces patients. Environ un quart des patients présente une récidive postopératoire clinique à 1 an. Dans les centres de référence, le taux de récidive postopératoire endoscopique atteint environ 75 % à 1 an. Le tabagisme actif est le principal facteur de risque de récidive postopératoire, il multiplie par 2 le risque de récidive clinique. Un antécédent de résection intestinale, un phénotype pénétrant, une atteinte anopérinéale et une atteinte extensive de la maladie (> 50 cm) sont considérés comme des facteurs de risque de récidive postopératoire. L’iléocoloscopie reste la référence pour le diagnostic de récidive postopératoire et le score de Rutgeerts permet de prédire de manière efficace le risque de récidive clinique. L’entéro-IRM, l’échographie, la vidéocapsule et les biomarqueurs sont des outils prometteurs mais nécessitent de plus amples investigations pour être utilisés en routine dans cette indication. De nombreux traitements ont été essayés pour prévenir ou traiter la récidive postopératoire. L’efficacité de la mesalamine est très faible et comparable au placebo dans la plupart des séries. Les thiopurines ont une efficacité modeste en postopératoire et sont associées à de nombreux effets indésirables. Les antibiotiques tels que le métronidazole ou l’ornidazole peuvent être efficaces mais leur utilisation est limitée par leur toxicité et le risque d’émergence de résistance aux antibiotiques. Les anti-TNF représentent, à l’heure actuelle, le traitement le plus efficace pour prévenir ou traiter la récidive postopératoire dans la maladie de Crohn.