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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Réaction d’hypersensibilité à l’oxaliplatine : une réintroduction est-elle possible ? Volume 26, numéro 10, Décembre 2019

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Gustave Roussy Cancer Campus, Service d’oncologie digestive, Département de médecine, 114 rue Edouard Vaillant, 94800 Villejuif
2 Service de Gastroentérologie, Groupe Hospitalier Bretagne Sud, Hôpital du Scorff, Lorient
3 Faculté de Médecine Paris-Sud, Université Paris-Saclay
* Correspondance

Les réactions d’hypersensibilité à l’oxaliplatine sont observées chez environ 15 % des patients. Ces réactions sont d’autant plus fréquentes que le patient a été longtemps exposé à la molécule, elles apparaissent entre le 6e et le 9e cycle. Le plus souvent, elles s’intensifient avec la répétition des cycles aboutissant à un arrêt de l’oxaliplatine et empêchant surtout sa réintroduction en cas de besoin. La conséquence pour certains patients est donc l’arrêt d’une molécule à laquelle leur maladie reste sensible. Il n’existe pas de données permettant de chiffrer la perte potentielle de survie en phase métastasée mais compte tenu du nombre limité d’agents cytotoxiques actifs en cancérologie digestive, l’impact sur la survie d’un arrêt définitif précoce apparait probable. Le mécanisme principal est une allergie de type I avec dégranulation des mastocytes qui peut être combattue par un protocole de désensibilisation. Bien que la désensibilisation aux agents cytotoxiques soit ancienne et particulièrement en ce qui concerne les sels de platine, elle n’est pas répandue en pratique clinique. C’est d’autant plus dommage que l’oxaliplatine fait partie des molécules pour lesquelles la désensibilisation est très souvent efficace : plus de 70 % de patients traités à nouveau sans incident dans notre expérience. Un protocole simple présenté dans cette mini-revue doit donc être utilisé systématiquement en cas d’ hypersensiblisation à l’oxaliplatine, que les patients reçoivent l’oxaliplatine par voie intraveineuse ou intra-artérielle.