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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Radioembolisation des tumeurs primitives et secondaires du foie Volume 19, numéro 4, Avril 2012

Auteurs
Hôpital Européen Georges Pompidou, service d’oncologie digestive, 20-40 rue Leblanc 75908 Paris Cedex 15 ; Université Paris-V René Descartes, Hôpital Européen Georges Pompidou, service de radiologie interventionnelle, Hôpital Européen Georges Pompidou, service de médecine nucléaire

La radioembolisation (RE) est une technique complexe, faisant intervenir oncologues, radiologues interventionnels et médecins nucléaires, qui permet de délivrer, par voie intra-artérielle au niveau du foie tumoral, des microsphères chargées d’Yttrium radioactif. Ce traitement nécessite des étapes préthérapeutiques précises afin de traiter au mieux les lésions et d’éviter une irradiation de tissu sain. Dans le carcinome hépatocellulaire (CHC), la RE a presque les mêmes indications que la chimio-embolisation. Mais, dans des essais de faible niveau de preuve, sans comparaison directe entre les deux traitements, la RE aurait un peu moins d’effets secondaires (principalement asthénie, nausées, perturbations du bilan hépatique), avec une efficacité quasi-similaire. Au contraire de la chimio-embolisation, la RE peut être utilisée chez des patients avec une thrombose portale, sans complication majeure. Dans les métastases hépatiques de cancers colorectaux, la RE a été étudiée en dernière ligne, après échappement aux traitements usuels, et elle permet de doubler le temps jusqu’à progression hépatique, et permet un taux de réponse de 10 à 20 %. Elle a également été étudiée en première ligne, dans des essais de faibles effectifs, mais avec des résultats intéressants qui ont conduit à la réalisation de grands essais de phase III randomisés. La RE a donc des résultats intéressants dans des études de faible qualité méthodologique, mais pourrait être un traitement d’avenir tant dans le CHC que dans les métastases hépatiques de cancers colorectaux.