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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Quand et comment prescrire de l'albumine à un malade atteint de cirrhose ? Volume 17, numéro 3, mai-juin 2010

Auteurs
Service d'Hépato-Gastroentérologie, Centre Hospitalier, BP 3007, 95503 Gonesse Cedex

La perfusion d'albumine est devenue un traitement essentiel en hépatologie. Elle est recommandée après ponction d'ascite évacuatrice de grand volume et dans le traitement de l'infection du liquide d'ascite (ILA) et du syndrome hépato-rénal (SHR). Une ponction d'ascite ≥ 5 litres comporte un risque élevé d'hypovolémie post-ponction qui est associée à une récidive plus rapide de l'ascite et à une diminution de la survie. La perfusion d'albumine (7 g par litre d'ascite évacué) permet de réduire le risque d'hypovolémie de 75 % à 15 %. Au cours de l'ILA, la perfusion d'albumine en association à l'antibiothérapie est associée à une diminution de l'incidence de l'insuffisance rénale et à une réduction de la mortalité, principalement chez les patients à haut risque (bilirubine > 70 μmol/L et/ou créatinine > 90 μmol/L). Lors de la phase diagnostique du SHR de type 1, un remplissage vasculaire par perfusion d'albumine à la dose de 1 g/kg doit être systématiquement réalisé afin d'éliminer une hypovolémie par pertes liquidiennes. Dès lors que le diagnostic de SHR est retenu, l'administration combinée de terlipressine et d'albumine (20-40 g/j) constitue le traitement de première intention. Dans toutes ces indications, l'albumine est utilisée pour sa capacité à réaliser une expansion rapide du secteur plasmatique. Pour autant, l'albumine n'est pas qu'un produit de remplissage. Elle a d'autres fonctions biologiques, notamment de détoxification et de lutte contre le stress oxydatif, qui sont également altérées chez les malades atteints de cirrhose. Ces patients présentent donc un double déficit en albumine, quantitatif et qualitatif, dont les conséquences sont encore mal comprises. Il y a là un large champ d'investigation pour les années à venir.