John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Proctologie Volume 3, numéro 5, Septembre - Octobre 1996

Auteurs
Service d'hépato-gastroentérologie, CHU de Nancy-Brabois, 54511 Vandoeuvre-les-Nancy, France.

La pathologie proctologique demeure un motif fréquent de consultation tant en médecine générale qu'en médecine spécialisée. Une bonne connaissance de la sémiologie proctologique et des nouvelles thérapeutiques médicales ou chirurgicales apparaissent indispensables à une meilleure prise en charge des patients. Si la physiopathologie de la maladie hémorroïdaire demeure obscure, son traitement instrumental est en revanche mieux codifié : la ligature élastique est supérieure aux autres traitements instrumentaux quel que soit le degré de la procidence hémorroïdaire. La compréhension de la pathogénie de la fissure anale progresse et selon les dernières hypothèses, son origine serait de nature ischémique. Une nouvelle approche médicale du traitement de la fissure anale se dessine avec l'injection intrasphinctérienne de toxine botulique qui permet d'obtenir un taux de cicatrisation de près de 80 % à 3 mois et qui contrairement à la sphinctérotomie n'expose pas le patient à des troubles de la continence. L'intérêt de l'échographie endo-anale en proctologie est croissant. Cet examen permet en effet d'identifier précisément les ruptures sphinctériennes et d'évaluer la qualité de la réparation chirurgicale qui est corrélée à l'amélioration de la continence. Les fistules anales même simples doivent être un indication de l'échographie endo-anale : en effet, l'absence d'identification de l'orifice interne et/ou d'un trajet secondaire est le facteur principal de récidives. Dans la maladie de Crohn périnéale, l'IRM permet d'obtenir une cartographie précise des lésions, souvent complexes. Efficace, l'oxygénothérapie hyperbare mérite d'être évaluée sur de grandes séries de patients afin de mieux définir ses indications et sa place chronologique dans la stratégie thérapeutique de la maladie de Crohn périnéale. Le diagnostic étiologique des lésions anales au cours du SIDA est délicat et repose très fréquemment sur l'examen histologique couplé éventuellement à une étude en immunohistochimie. Le risque de récidives des condylomes acuminés après électrocoagulation semble pouvoir être réduit par l'injection locale d'interféron.