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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Probiotiques en pratique dans le syndrome de l’intestin irritable : des réponses scientifiques à des questions pratiques Volume 27, numéro 6, Juin 2020

Tableaux

Auteurs
1 Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, Hôpital Nord, Service de gastroentérologie ; Aix-Marseille Université
2 Hospices Civils de Lyon, Hôpital Édouard Herriot, Service d’explorations fonctionnelles digestives, 69437 Lyon
* Correspondance

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est une maladie multifactorielle incluant notamment l’implication d’une dysbiose chez un certain nombre de patients. Ce mécanisme expliquerait l’efficacité possible des probiotiques dans le traitement du SII. Les données actuelles de la littérature, incluant des essais randomisés, confirment l’intérêt d’utiliser des probiotiques pour restaurer le microbiote intestinal et soulager les symptômes avec néanmoins un niveau modéré de preuves. Face au très grand nombre de probiotiques disponibles sur les marchés français et européen, à l’hétérogénéité de leurs statuts (complément alimentaire, dispositif médical, médicament) et de la réglementation qui les régit, les autorités françaises et européennes de santé ont édicté des critères d’éligibilité au statut de probiotique. Ces critères permettent de s’assurer du choix d’un probiotique « sûr ». Par ailleurs, il existe à l’heure actuelle des critères d’éligibilité d’un probiotique dans le traitement du SII. Néanmoins, parmi ces probiotiques, les données disponibles ne sont pas toujours équivalentes. Ainsi, il n’est pas possible d’identifier un probiotique plus efficace qu’un autre dans le traitement du SII. Néanmoins, il semble raisonnable, lorsqu’un praticien décide de prescrire un probiotique, de débuter par un de ceux pour lesquels on dispose d’une étude clinique avec une efficacité démontrée. Plusieurs probiotiques pourront être successivement testés. En revanche, il est possible, si un patient est amélioré par un probiotique sans étude clinique, de ne pas le modifier et de l’encourager à le poursuivre. Dans tous les cas, les probiotiques sont des traitements le plus souvent bien tolérés avec peu d’effets secondaires. Il paraît donc raisonnable de les proposer aux patients souffrant de SII en évaluant l’efficacité individuelle. L’avenir devrait permettre d’identifier quels patients ou sous-groupes de patients atteints de SII sont les plus susceptibles de tirer des bénéfices des traitements par probiotiques et selon quelles modalités.