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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Prise en charge d’une hémorragie digestive basse sévère Volume 13, numéro 5, Septembre-Octobre 2006

Auteur
Fédération des Spécialités Digestives, hôpital Ambroise Paré, 92104 Boulogne Cedex

Environ une hémorragie digestive sur 5 est une hémorragie basse provenant d’une lésion située au-delà de l’angle de Treitz. La prise en charge des hémorragies basses, moins codifiée et validée que celle des hémorragies hautes, est plus complexe. Même si les hémorragies basses sont généralement moins graves que les hautes, certaines sont sévères car persistantes ou récidivantes à court terme et c’est surtout dans ces cas que des explorations en urgence sont nécessaires. Le choix des méthodes diagnostiques, ainsi que leur chronologie, sera avant tout fonction de la présentation clinique, le but étant toujours d’identifier et de localiser la lésion responsable dès que possible. Les méthodes à préférer sont la coloscopie totale après préparation et en cas d’hémorragie massive l’artériographie, après avoir éliminé une hémorragie haute à présentation trompeuse. Même si les données objectives manquent encore, il y a probablement une place pour la tomodensitométrie en urgence au moins chez certains de ces malades. La coloscopie n’a pas pour seul but de mettre en évidence une lésion du côlon, en cause dans 90 % des hémorragies basses, mais aussi de réaliser si possible un traitement hémostatique, très souvent efficace à court terme au moins, en cas d’hémorragie active ou de lésion dont la responsabilité est certaine ou très probable. La réalisation précoce de la coloscopie, qui augmente les chances de faire un diagnostic de certitude de la cause de l’hémorragie, ne modifie toutefois pas le pronostic, surtout fonction du terrain et de la gravité de l’épisode. A distance et en l’absence de traitement spécifique, il existe un risque de récidive hémorragique élevé. La mortalité globale des hémorragies digestives basses est d’environ 5 %.