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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Prise en charge des effets secondaires des thérapeutiques ciblées (hors dermatologiques) Volume 17, numéro spécial 4, Prise en charge de la toxicité de la chimiothérapie anticancéreuse et soins de support en oncologie digestive

Auteurs
Service d'hépatogastroentérologie et cancérologie digestive, hôpital Robert-Debré, CHU de Reims, avenue du Général-Koenig, 51092 Reims cedex, France

Les limites des chimiothérapies anticancéreuses ont réorienté les recherches vers des biothérapies dites « ciblées », visant l'angiogenèse et la prolifération cellulaire initiée par des récepteurs tyrosines-kinases aux facteurs de croissance. Bien que l'action des biothérapies soit plus ciblée que les chimiothérapies, de nouveaux effets secondaires, différents des effets iatrogènes classiques, ont été décrits et nécessitent une prise en charge spécifique. Ces effets, même mineurs, peuvent retentir sur la qualité de vie des pattients, provoquer une moindre observance du traitement et imposer des reports, voire des arrêts thérapeutiques délétères. Une hypomagnésémie et une hypocalcémie doivent être recherchées avant chaque cure d'anti-EGFR (cetuximab, panitumumab) avec supplémentation intraveineuse adaptée si nécessaire. Une prémédication intraveineuse par antihistaminique H1 et corticoïdes ainsi que la présence à proximité d'un médecin et d'un matériel de réanimation sont recommandées lors de l'administration du cetuximab compte tenu du risque exceptionnel d'allergie grave. L'hypertension artérielle (HTA) et la protéinurie sont des effets de la classe des antiangiogéniques (bevacizumab, sorafenib, sunitinib). La mesure de la pression artérielle (PA) doit être ambulatoire. La prise en charge diagnostique et thérapeutique de l'HTA doit s'effectuer conformément aux recommandations de la HAS. Pour le bevacizumab, un délai de quatre semaines avant et après une chirurgie majeure doit être respecté et la cicatrisation des plaies doit être vérifiée. Le patient doit être informé des risques exceptionnels de complications graves : thromboses artérielles, perforation digestive, hémorragie. Les effets secondaires de l'imatinib sont fréquents, mais souvent non sévères et transitoires, à type d'œdèmes, de troubles digestifs, d'arthralgies, de myalgies, de crampes, d'éruptions cutanées. Un traitement adapté précoce de ces symptômes doit être prescrit pour améliorer la compliance à l'imatinib. Une surveillance de la fonction cardiaque est nécessaire sous trastuzumab. La collaboration interdisciplinaire entre le médecin prescripteur et ses confrères généralistes et spécialistes doit être étroite pour optimiser la prise en charge.